18 MARS 2015
LE 144e ANNIVERSAIRE DE LA COMMUNE DANS LES VIIIe ET IXe ARRONDISSEMENTS

vendredi 8 mai 2015

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18 mars 2015
Devant l’Église de la Trinité

Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 ont célébré l’anniversaire du premier jour de la révolution de 1871 en parcourant les rues des VIIIe et IXe arrondissements. Ce 18 mars 2015, nous nous retrouvons à 18 heures au métro Villiers, à l’angle du boulevard de Courcelles et de la rue de Miromesnil.


AU PARC MONCEAU : CES VOIX CHÈRES QUI SE SONT TUES.

Michèle Camus évoque la Commune dans ce quartier, proche du parc Monceau, où furent exécutés sommairement des centaines de fédérés prisonniers des versaillais.
Le journal Le Français du 28 mai 1871 relate ces sinistres événements : c’est là qu’on amène un grand nombre de prisonniers. En approchant, on entend parfois le roulement d’un feu de peloton ! C’est le bruit sinistre d’une fusillade. De son côté, le journaliste Camille Pelletan commente : « le spectacle de cet abattoir était hideux. C’est dans les massifs qu’on exécutait. Il y avait des cadavres partout.  » Et Michèle Camus de conclure : « En parcourant aujourd’hui ces lieux, nous pouvons encore honorer ces voix chères qui se sont tues. »


ÉDOUARD VAILLANT, ÉLU DU VIIIe ARRDT.

Notre étape suivante est la mairie du VIIIe arrondissement. Marc Lagana évoque l’action du communard Édouard Vaillant, élu de cet arrondissement où il a fait fonction de maire pendant la Commune. Membre de l’Internationale sous le Second Empire, Édouard Vaillant embrasse le mouvement révolutionnaire dès le 4 septembre 1870. Élu de la Commune le 26 mars 1871, il est membre de sa commission exécutive. Il est l’une des têtes pensantes et agissantes de la Commune. Délégué à l’enseignement, il donne une grande impulsion à cette importante commission et devient véritablement « ministre de l’éducation ». À ce poste, il contribue à mettre en place l’enseignement laïc et gratuit, la formation professionnelle pour les filles et les garçons, l’égalité des salaires entre instituteurs et institutrices.

Les Amies et Amis de la Commune de Paris ont demandé à toutes les mairies d’arrondissements d’apposer une plaque rappelant leur administration par les élus de la Commune du 28 mars à la fin mai 1871. Madame d’Hautesserre, maire du VIIIe arrondissement n’ayant pas répondu à cette demande, nous avons apposé un texte rappelant qu’Édouard Vaillant a fait fonction de maire de l’arrondissement pendant la Commune.


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18 mars 2015
Rue du Rocher

RUE DU ROCHER, UNE PÉPINIÈRE DE GARDES NATIONAUX.

Nous nous rendons maintenant rue du Rocher où Didier Berger présente quelques-uns de ses habitants engagés dans le mouvement communaliste, presque tous membres de la Garde nationale. La plupart d’entre eux étaient des ouvriers spécialistes dans leur métier. On y trouvait aussi un journaliste, un professeur, un métreur vérificateur. Avec ces exemples, Didier Berger rappelle que les Communards n’étaient pas tous des misérables, des crève-la-faim aigris contre une société qui ne leur laissait aucune place. Souvent d’origine provinciale, ils avaient réussi à trouver une profession et menaient une existence décente. Les Communards avaient une vraie volonté d’égalité et de liberté. Et c’est dans la fraternité qu’ils ont combattu pour ces idéaux.


LES CHEMINOTS PENDANT LA COMMUNE.

Notre étape suivante est la cour de Rome de la gare Saint-Lazare où Jean-Louis Robert remercie les cheminots pour leur contribution à la réussite de notre parcours. Son propos porte sur l’action de la Commune concernant les chemins de fer. La question première était de maintenir la communication avec la province pour assurer l’alimentation des Parisiens comme en témoigne le rattachement des chemins de fer à la commission des subsistances plutôt qu’à celle du travail. Malgré les tentatives des versaillais d’établir un blocus, des trains continuèrent à circuler sur les réseaux Nord, Est et de Lyon, plus irrégulièrement sur les réseaux Orléans et Ouest.
La seconde grande visée de la Commune était sociale. Elle fit appliquer par les compagnies privées, qui régissaient les chemins de fer, le nouveau droit social qu’elle mettait en place : suppression des amendes et retenues sur salaires ; libre activité syndicale ; soutien aux demandes des cheminots d’augmentation de leurs salaires et de réduction de la durée du travail. Des mécaniciens et chauffeurs faisaient circuler une pétition dénonçant «  un travail qui devient chaque jour plus pénible et la sécurité qui n’est plus assurée ». Le lien entre travailleurs et usagers était déjà présent. De cette pétition découla une première réunion des mécaniciens et chauffeurs dès le 27 mars 1871 et la création de leur Union fraternelle, première organisation syndicale des cheminots.

Nombre de cheminots s’engagèrent dans la Commune et contribuèrent à diffuser la propagande communarde en province.


LA CÉCILIA, GÉNÉRAL COMMUNARD.

Nous arrivons maintenant dans la cour du Havre de la gare Saint-Lazare où Yves Lenoir lit un texte de Marc Forestier consacré au général communard Napoléon La Cécilia, qui habitait au numéro 4 de la rue d’Amsterdam.

Né en 1835 à Tours d’un père napolitain et d’une mère Corse, La Cécilia fit de brillantes études à Paris et acquit une bonne connaissance de plusieurs langues étrangères. En 1860, il rejoignit Garibaldi en Italie où il participa à l’expédition dite des Mille. Nommé colonel du génie, il contribua à la prise de Palerme. Il rejoint Paris peu avant la guerre franco-prussienne. Après la proclamation de la République, il s’engage dans le premier bataillon des francs-tireurs de Paris. Pendant la guerre, il passe du grade de lieutenant à celui de colonel.

De retour à Paris début mars 1871, il participe à la Commune comme chef d’état major du général Eudes. Le 24 avril, il est nommé général et commande l’armée dite « du centre », entre les positions des généraux Dombrowski et Wroblewski.

Ces armées de la Garde nationale ont livré des combats héroïques contre les versaillais du 1er avril au 20 mai 1871. Ils protégeaient ainsi les élus de la Commune qui élaboraient, avec les organisations populaires de la population parisienne l’œuvre sociale, démocratique et humaniste de la Commune.


LE 12 MAI 1871 AU CLUB DE LA DÉLIVRANCE.

Notre parcours du 18 mars se termine place d’Estienne-d’Orves, où Françoise Bazire évoque l’action des femmes pendant la Commune en relatant une réunion de club.

Le 12 mai 1871, Lodoïska Kawecka, accompagnée de plusieurs femmes, se fait remettre une clé de l’église de la Trinité pour y installer le club de la Délivrance, club révolutionnaire essentiellement féminin. Une réunion s’y tient ce jour là sur la dégénérescence morale à laquelle participent André Léo et Nathalie Le Mel. Nathalie lance un appel aux femmes : « Nous arrivons au moment suprême, où il faut savoir mourir pour la Patrie ; plus de défaillances ; plus d’incertitudes ; toutes au combat !  »

Les oratrices vont rappeler les inégalités, les injustices qui sont faites aux pauvres et dire ce qu’il faut faire pour les abolir : « la plaie sociale qu’il faut d’abord fermer, c’est celle des patrons qui exploitent l’ouvrier et s’enrichissent de ses sueurs… Nous voulons le travail, mais pour en garder le produit. Plus d’exploiteurs, plus de maîtres !  »

Cette réunion du 12 mai nous rappelle la détermination des communardes pour l’avènement d’une socialité de justice et d’égalité, d’une société pleinement démocratique qui reste d’une grande actualité…

Vive la Commune !

YVES LENOIR


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