18 mars 2013 Pour la réhabilitation de la Commune et des communard-e-s

mercredi 1er mai 2013
par  Pierre

Ce 18 mars, les Amis de la Commune
ont célébré comme chaque année
le premier jour de l’insurrection qui
fut à l’origine de la Commune.
Cette année toutefois, forts de la pétition qui
a réuni plus de 10 000 signatures en faveur de
la réhabilitation de la Commune et des communards,
c’est de l’Assemblée nationale au
Sénat qu’ils ont défilé pour porter haut et fort
cette revendication. La réhabilitation de la
Commune de Paris est, en effet, le moyen de
remettre à leur vraie place ce combat pour un
monde meilleur, ainsi que les hommes et les
femmes qui l’ont mené. Ce moment de notre
histoire doit être reconnu dans la mémoire
nationale et notamment dans les manuels scolaires
qui, aujourd’hui encore, en donnent une
version caricaturale, dépréciée et défigurée.

Au départ de la manifestation, au métro
Solferino, notre co-présidente, Claudine Rey,
prend la parole pour retracer le film des événements
du 18 mars 1871 et pour rappeler les
mesures démocratiques prises par la
Commune : « En 72 jours, la Commune prend
près de 250 arrêtés et décrets en faveur du peuple.
Ils ont su gérer dans l’urgence. On brûle les
guillotines, on rend aux pauvres gens les outils
mis en gages, on réquisitionne les logements
pour les sans logis, on empêche
les expulsions, on installe l’école
laïque
 ». Mais la Commune ne s’est pas
contenté de gérer le court terme : « Le
2 avril 1871, elle déclare la séparation
de l’Église et de l’État, donnant à notre
pays, pour la première fois de notre histoire
et 34 ans avant la loi de 1905, un
statut de république laïque qui fait de
la France un modèle de tolérance et de
respect des droits de l’homme
 ». Elle
met en chantier une oeuvre remarquable
dans de nombreux domaines : laïcité, gestion
laïque des écoles et des hôpitaux, statut
des étrangers, droit des femmes et des enfants,
production coopérative, autogestion.

Bannières, effigies de communard-e-s et drapeaux
rouges en tête, c’est un cortège d’environ 400 participants qui remontera le boulevard Saint-Germain, la rue de Seine et la rue de Tournon jusqu’aux
abords du Sénat. De nombreuses organisations nous
ont rejoints ; parmi elles, des délégations de la CGT,
de FO75, du PCF, de République et Socialisme et du
NPA, des jeunes communistes. L’Association luxembourgeoise
des Amis de la Commune de Paris, le
MRAP, l’Association Louise Michel sont, eux aussi, présents
 ; d’autres associations, comme Résistance
Sociale ainsi que Convergence des Collectifs de
Défense et de Développement des Services Publics,
sont venues grossir les rangs des Amis. Des chansons
de Jean Ferrat et des chants communards sont diffusés
par la voiture sono et repris par les participants.

Deux signes d’espoir qui ne trompent pas : les averses
se sont abstenues d’éclater pendant toute la durée de
la manifestation ; les cloches de Saint-Germain-des-
Prés se sont mises à sonner à toute volée à notre
approche, saluant involontairement la Commune.

Pour conclure près du Sénat la manifestation,
notre co-président Jean-Louis Robert réclame
avec vigueur une politique réhabilitant les communards
et la Commune et inscrivant leur
mémoire dans le marbre : «  Nous ne pouvons
accepter que les noms de Courbet et de Varlin ne
figurent pas sur les murs de la mairie du VIe arrondissement,
dans l’arrondissement des ouvriers du
livre et des artistes où nous terminons cette manifestation
aujourd’hui. Nous ne pouvons accepter
que le nom d’Edouard Vaillant qui signa les décrets
sur la laïcisation des écoles publiques et l’égalité
des salaires des institutrices et des instituteurs, ne
figure pas sur les murs de la mairie du VIIIe arrondissement.
Nous ne pouvons accepter que le nom
de Jules Vallès, ce grand écrivain qui fit pendant
la Commune paraître Le cri du peuple, ne figure
pas sur les murs de la mairie du XVe arrondissement.
Nous ne pouvons accepter que le nom de
Charles Longuet ne figure pas sur les murs de la
mairie du XVIe arrondissement, et que celui de
Benoît Malon, une des grandes figures du socialisme
français, ne figure pas sur les murs de la
mairie du XVIIe arrondissement
 ». Il faut que les
quartiers de l’ouest de la capitale cessent de dédaigner
les communards et rejoignent ceux de l’est qui
les honorent.

Des propositions de résolution pour rendre justice
aux victimes de la répression de la Commune de
Paris de 1871 vont être déposées tant à l’Assemblée
qu’au Sénat, mais une proposition n’est pas encore
une résolution ! Ce n’est pas le moment de baisser
la garde. Notre association doit poursuivre sa mobilisation
pour que vive enfin pleinement la
Commune !

GEORGES BEISSON


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