À MARSEILLE
HOMMAGE À GASTON CRÉMIEUX

lundi 6 mars 2017

Ce 26 Novembre 2016, nous étions plus de vingt à répondre à l’invitation conjointe des Amis de la Commune de Paris 1871 et de la Libre Pensée, afin de rendre hommage à Gaston Crémieux.

Notre camarade Christian Pellicani a rappelé que nous étions devant le palais du Pharo à Marseille (construit par décision de Napoléon III pour Eugénie, qui n’y a passé qu’une nuit !), proche de l’endroit où «  l’avocat des pauvres », comme on appelait Gaston Crémieux, a été fusillé lors de la répression versaillaise.

Christian a évoqué ce jeune militant radical, qui s’illustra dans la défense des pauvres gens et fonda plusieurs associations d’entraide et d’éducation dans le cadre de la loge maçonnique Des amis choisis. En 1869, il soutint Gambetta à la députation. Son évolution politique le conduisit à se rapprocher des républicains les plus ardents. Il dirigea avec Alphonse Esquiros et André Bastelica la Ligue du Midi, jouant un rôle d’intermédiaire avec le gouvernement provisoire de Tours.

Au mois de mars 1871, il prend la tête de la seconde Commune de Marseille avec le journaliste Clovis Hugues et les futurs députés Émile Bouchet et Maurice Rouvier. Il se signale par un souci de modération. L’insurrection est réprimée dans le sang par le général Henri Espivent de la Villesboisnet. Gaston Crémieux est jugé et condamné à mort par un tribunal militaire, la grâce lui est refusée. Pendant ses trois mois de prison, il écrivit une pièce de théâtre consacrée à la mémoire de Maximilien de Robespierre.

Gaston Crémieux est fusillé dans les jardins du Pharo, le 30 novembre 1871. Il meurt à trente-cinq ans, en ordonnant lui-même son exécution, et en criant « Vive la République !  ». Il fut célébré par Victor Hugo, Louise Michel et Jean Jaurès.

Le camarade de la Libre Pensée, quant à lui, faisait remarquer qu’il y a un an, nous étions présents alors que l’état d’urgence était proclamé. Un an après, l’état d’urgence est encore là, et devrait encore se poursuivre pour des mois, le provisoire tendant à devenir un état permanent...
« Que constatons-nous ? La répression syndicale, suite au conflit contre la loi Travail, n’a jamais été aussi intense que sous ce gouvernement. Salariés et syndicalistes d’Air France, d’Haguenau, de Goodyear, poursuivis et condamnés, organisations syndicales expulsées de leur bourse du travail à Évreux ! »
Il indique que la Libre Pensée est aux côtés du mouvement ouvrier, des organisations syndicales ouvrières pour exiger la défense des libertés démocratiques, le respect du droit syndical, du droit de manifester.
« Pour Gaston Crémieux, la République, ce ne pouvait être celle d’Adolphe Thiers, des banquiers. Un gouvernement qui opprime le peuple et négocie
avec la Prusse.
 »

Le camarade rappelle que, dans le bref temps de son existence, la Commune de Paris a établi des mesures et décrets en faveur des salariés, des femmes : elle a décrété la séparation des Églises et de l’État, la réorganisation et la laïcisation des écoles primaires, la suppression du travail de nuit dans les boulangeries, la remise générale des loyers, la réquisition des ateliers abandonnés par leur patron, la fin des amendes et retenues de salaire.

Il finit en citant Élisée Reclus :« Mais advienne que voudra ! Nous ne cédons pas. Nous sommes mortels mais notre cause est immortelle. Si nous ne triomphons pas, nos fils remporteront la victoire, et si nos fils échouent encore, nos petits-fils réussiront. La civilisation périra plutôt que notre idéal social. Le vieux monde est établi sur les privilèges de l’oisiveté, le monde nouveau s’établit et s’établira sur les droits du travail. Jadis, le travail était esclave, il devint serf ; il est toujours exploité, il sera libre et attrayant, n’en déplaise aux bombardeurs et égorgeurs. »

Nous avons terminé en chantant Le Temps des cerises et L’Internationale.

MICHEL KADOUCH


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