Droit du travail et droit au travail

dimanche 15 septembre 2013

Toutes les heures, tous les jours, lors des
JT, sur les radios et les télévisions, dans
la grande presse, des «  économistes  »,
petits laquais du capital, viennent nous
sommer de choisir : baisser le coût du travail, supprimer
le droit du travail ou alors ce sera plus de
chômage.

Si ce chantage vise d’abord à assurer des profits
plus larges au capital, il s’agit aussi d’opposer les
travailleurs aux chômeurs. Les premiers, devenus
des « nantis », doivent accepter des sacrifices
pour que les seconds retrouvent du travail. On
peut aussi développer chez les travailleurs un sentiment
de résignation pour sauver leur emploi.
Dans ce schéma, les chômeurs ne sont pas épargnés,
car ils coûtent trop également… Au fond,
cette campagne vise à opposer le droit du travail
(et les droits sociaux) au droit au travail.

Si les temps ont changé, il convient de rappeler
certains points de l’action de la Commune qui gardent
toute leur actualité. D’abord, la Commune
n’ignorait nullement les questions du développement
économique. On oublie trop souvent que la
Commission du Travail s’était fixée comme objectif
premier de « favoriser les industries nationales
et parisiennes
 » et de « développer le commerce
international d’échange, tout en attirant
à Paris les industries étrangères de façon à faire
de Paris un grand centre de production
 ».
Léo Fränkel
C’est en tenant les deux bouts, droit du travail ET
droit au travail que la Commune va tenter de
remettre en route l’économie de la capitale. Le
décret du 16 avril réquisitionne les ateliers abandonnés
pour leur « prompte mise en exploitation
par l’association coopérative des travailleurs qui
y sont employés
 ». Mais l’objectif n’est pas de
répéter les Ateliers nationaux de 1848. Il s’agit,
dans une vue à long terme, de «  faciliter la
naissance de groupements sérieux et homogènes
 »
qui confectionneront «  des objets marchands ».

Et en même temps, la Commune instaure un
vrai droit du travail : la suppression des amendes,
l’interdiction du travail de nuit des boulangers, la
journée de 10 heures. Mais la réflexion de Fränkel
va plus loin. Il constate que «  si le prix de la
main-d’oeuvre reste comme aléa dans les marchés,
c’est lui seul qui apporte le rabais
 ». Il faut
donc que l’État intervienne pour introduire « le
prix minimum
 » à la journée. C’est le progrès des
techniques qui devient alors le seul authentique
facteur de la baisse des prix des produits.
La situation n’est pas la même, et sans doute plus
complexe, mais l’idée que DROIT AU TRAVAIL ET
DROIT DU TRAVAIL VONT ENSEMBLE garde toute sa
modernité.

Retrouvons-nous nombreux, le 28 septembre,
pour notre fête de la Commune, l’espoir au cœur.

JEAN-LOUIS ROBERT


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