ÉDITORIAL MAI 2018

dimanche 27 mai 2018

MARS 1871 : FACE AU PÉRIL, LE PEUPLE DE PARIS RÉPOND PAR LA DÉMOCRATIE

Après avoir subi le poids de l’Empire pendant 20 ans, les Parisiens, avides de liberté et de justice, vont avoir un sursaut patriotique et prendre leur destin en main. Spontanément, la population parisienne, dans sa diversité, va tenter de relever ce nouveau défi. La Commune de Paris va devenir la première république sociale, produite par la démocratie et tirant sa légitimité de son élection.

Le peuple souverain prend conscience de sa force émancipatrice et de ses droits fondamentaux. Les clubs, les quartiers, les Chambres ouvrières et syndicales deviennent des lieux d’éveil de la conscience politique. La parole est libérée. La presse est abondante et indépendante. La présence en nombre des femmes démontre que l’heure est venue d’affirmer leurs droits et leur dignité. De ce foisonnement des idées, vont découler de nombreuses initiatives et décisions de portée sociale et sociétale, d’une audace remarquable.

De nos jours encore, l’imaginaire et les idéaux de la Commune de Paris continuent de faire rêver les peuples en lutte. Suite à la réhabilitation des communards par l’Assemblée nationale, le 29 novembre 2016, nous nous mobilisons pour que l’œuvre de la Commune de Paris soit mieux connue, mieux enseignée et trouve sa visibilité dans l’espace public. Malgré les nombreux obstacles rencontrés, notre demande de station de métro « Commune de Paris 1871  » reste un objectif majeur.

La perspective du 150e anniversaire de la Commune de Paris est un défi auquel tous nos comités de province seront associés. Nous établissons des contacts avec les organisations et associations qui ont en partage les valeurs de la Commune, à qui nous proposerons des initiatives communes ou particulières.

Depuis peu, le ciel européen voit s’amonceler des nuées brunes menaçantes et de mauvais augure. Une société d’accumulation et de concentration éhontées des richesses industrielles et financières par une minorité, assortie d’une précarisation et d’un déclassement des populations, d’une régression sociale, de la peur de perdre son travail, facilite l’opposition des individus entre eux, suscite la peur et le repli sur soi, et est de nature à raviver les conflits.

La liberté de la presse et l’indépendance de la justice se trouvent parfois remises en cause. Les discours sécuritaires à forts relents nauséabonds produisent leurs effets. Les peurs sont plus fortes que le désir d’avenir. Dans ces conditions, le désintérêt des citoyens pour la vie politique les éloigne des décisions démocratiques, abandonnant leurs destins entre les mains de dirigeants réactionnaires et conservateurs.

Cette situation mérite une analyse qui peut se nourrir de la modernité de l’œuvre de la Commune, de ses pratiques innovantes et de ses valeurs et idéaux fraternels, sources d’apaisement et de paix entre les peuples.

L’urgence démocratique, l’éveil des peuples, de leur conscience politique deviennent, alors, des priorités.

Amies et Amis de la Commune de Paris 1871



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