Editorial du bulletin 56

mercredi 4 décembre 2013


La richesse de la programmation musicale de la Fête de la Commune 2013 a été de nature à satisfaire la diversité des goûts de la très nombreuse assistance.

Le florilège de chansons communardes, populaires et révolutionnaires porté par la gouaille entraînante du duo Nag’Airs, des musiciens de Riton la Manivelle, du déjanté et décoiffant groupe de rock « Crève-moi », puis en acmé par la prestance et l’émotion véhiculée par Francesca Solleville, a permis à toutes et tous, dans une ambiance chaleureuse, de passer un fraternel après-midi.

La traditionnelle prise de parole de l’association s’est portée sur la pertinence et la modernité des décisions prises durant les 72 jours d’existence de la Commune, rappelant que l’action démocratique et sociale de la Commune résulte du formidable dynamisme et foisonnement idéologique et politique de républicains où se côtoient, parfois se confondent, ou s’opposent blanquistes, anarchistes, proudhoniens, fouriéristes, disciples de Marx ou de Bakounine, etc.

Remises en cause après la Semaine sanglante, certaines mesures ont dû attendre plusieurs décennies pour être adoptées de nouveau, d’autres attendent encore.

Aujourd’hui, en hommage au sacrifice de ces femmes et de ces hommes, le travail de notre association est de lutter contre l’oubli annoncé de la Commune, et d’assurer la permanence de ses valeurs. Pour y parvenir, il faut l’effort et l’adhésion de toutes et tous.

Rappelons que les manuels d’histoire continuent de minimiser la portée de l’oeuvre de la Commune, quand ils ne l’occultent pas.

Le moment vient où il faudra dresser un bilan de notre campagne, engagée à l’occasion du 140e anniversaire, pour la réhabilitation de la Commune et des communards. Le contraste apparaît saisissant entre les mairies de gauche des arrondissements de Paris où nous avons généralement obtenu, par une pression incessante, que des plaques témoignent de la présence des élus communards, et les mairies de droite qui ne nous ont donné aucune réponse.
Cependant, force est aussi de constater que l’essentiel des réponses des plus hautes autorités de l’Etat, des ministères et des grandes institutions publiques ont été dilatoires ou inexistantes. Nous devrons porter ces faits à la connaissance de l’opinion.

Mais faire vivre les idéaux démocratiques de la Commune serait le plus fort signe de la réhabilitation des communards. C’est dans ce sens que, lors de notre dernier conseil d’administration, la discussion a porté sur les défis à relever dans les années à venir : la démocratie sociale, la démocratie politique et le droit au travail seront au cœur de notre action.

A l’heure des renoncements, alors que nous entrons en automne, souvenons- nous de ce temps des cerises, quand les idées prenaient naissance dans le pays de l’abolition des privilèges et se propageaient à la vitesse des pollens, ignorant les frontières. L’oeuvre de la Commune reste à méditer et demeure un espoir indéracinable, et encore et toujours, l’antidote à toutes les tentatives de paupérisation des peuples.

CHARLES FERNANDEZ


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