Editorial mai 2015

vendredi 8 mai 2015

Le 16 mars 2015, devant un public très attentif composé d’Amies et Amis de la Commune, ainsi que de certains élus de Paris, était dévoilée par Mme la maire de Paris la plaque rendant hommage de façon générique aux 88 élus de la Commune du printemps 1871. Avec quelle impatience, nous attendions ce jour !

Peut-on imaginer lieu plus chargé d’histoire et plus symbolique que l’Hôtel-de-Ville de Paris pour la pose d’une plaque en souvenir de la Commune ?

C’est ici que pendant les soixante-douze journées qui séparent l’insurrection du 18 mars 1871 de la fin des combats de la Semaine sanglante, le comité central de la Garde nationale, puis le conseil général de la Commune de Paris élu le 26 mars ont tenu leurs délibérations, pris leurs décisions et assumé, dans les conditions les plus terribles, la gestion quotidienne des affaires de la cité.

La Commune a marqué à jamais l’histoire, l’identité et la mémoire collective de Paris. Elle s’inscrit dans la grande tradition des combats du peuple de Paris pour la liberté et l’égalité.

Certes, cette courte expérience est ancrée dans le temps et dans l’espace. Et si la Commune ne peut fournir des réponses aux problèmes d’aujourd’hui, 144 ans plus tard, elle demeure une source d’inspiration, qui nous apprend à poser les questions, toutes les questions : la séparation de l’Église et de l’État, 34 ans avant la loi de 1905, l’école laïque, gratuite et obligatoire, l’enseignement professionnel pour tous, filles et garçons, la participation des étrangers à la vie communale, l’aspiration du mouvement ouvrier français en matière sociale et une démocratie directe où les masses organisées décident de tout et dont les élus sont responsables et révocables.

Madame la maire nous avait fait le plaisir de sa présence à la manifestation et au spectacle que nous avions donné sur le parvis de l’Hôtel-de-Ville, le 18 mars 2011. Nous avions aussi été sensibles à sa participation à la montée au Mur des Fédérés en 2013, nous confortant ainsi dans l’intérêt qu’elle portait à notre association et à ce qu’elle représente.

Nous comptons donc sur votre soutien, Madame la maire, pour que dans le cadre du 150e anniversaire de la Commune, le nom Commune de Paris 1871 soit donné à une future station de métro.

Pour notre association, il s’agit non seulement d’affirmer que la Commune n’est pas morte, mais aussi de mettre en valeur le fait que les luttes actuelles portent des objectifs de transformation sociale en voulant rendre la société plus humaine, plus solidaire. Un combat que les communardes et les communards ont mené en leur temps. Ce que le peuple a voulu, et réalisé en 1871, reste d’une grande actualité en 2015.

Notre volonté est persévérante, et nous voulons ensemble construire le présent.

Vive la Commune !

JOËL RAGONNEAU


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