En Haute-Marne sur les pas de Louise Michel

dimanche 2 décembre 2012
par  Pierre

VOYAGE DE L’ASSOCIATION, 13 ET 14 OCTOBRE 2012

Cette année, les Amis de la Commune
de Paris sont allés visiter Vroncourt,
le village natal de Louise Michel,
Audelincourt et Millières, où elle a
enseigné, Auberive où elle fut incarcérée
entre sa condamnation et son
départ pour la Nouvelle-Calédonie.

Partis en car à 8 h 30 de la
place d’Italie, quarante-neuf
adhérents se sont retrouvés,
en compagnie de deux Hautmarnais
et de deux Orléanais venus les
rejoindre, à Montigny-le-Roi, autour d’un
buffet bien sympathique.
Après un passage devant la maison
d’Audelincourt où Louise Michel ouvrit sa
première école en 1853, nous sommes
accueillis à Vroncourt par Claudine
Bourcelot, présidente de l’association
Louise Michel
, au pied de la stèle érigée
en 1972 en l’honneur de Louise à proximité
du lieu où se trouvait le manoir de sa famille paternelle. Claudine Bourcelot, après avoir rendu hommage à Guy Décamps, président
du comité de Dieppe des Amis de la
Commune
disparu cette année et qui avait
tissé de solides liens avec la Haute-Marne, imagine
pour nous ce qu’était Vroncourt au XIXe
siècle et évoque les années de jeunesse de
Louise Michel, sa lutte contre toutes les injustices
et toutes les formes de racisme, prônant
l’instruction pour tous, la dignité pour les travailleurs
et le respect de toutes les cultures.

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Claudine Bourcelot et Sylvie Spilmann évoquent la jeunesse de Louise Michel près du monument érigé à sa mémoire.

Claudine nous présente l’association : fondée
en 1990, elle a pour but de faire connaître la
vie et l’œuvre de Louise Michel et de maintenir
vivante sa mémoire dans sa région natale.
Nous découvrons la petite école de Vroncourt
qui fut celle de Louise enfant et dans laquelle
est présentée une exposition très pédagogique,
puis, dans le village, la « promenade
littéraire
 » qui illustre lieux et paysages de
citations de Louise Michel particulièrement
évocatrices, témoignant de son réel talent
littéraire. Nous passons devant l’église et
voyons au cimetière qui la jouxte les pierres
tombales, déjà à demi effacées, de Charles, de
Laurent et d’Agathe de Mahis, sa famille paternelle.
Nous revenons à Montigny-le-Roi en
passant par Millières, devant l’école où enseigna
Louise en 1856.
La soirée festive à Montigny permet aux deux
associations de se mieux connaître. Elle est animée
par Michel Bellegy à l’orgue de barbarie,
accompagné d’un groupe de choristes hautmarnais,
mais aidés par un recueil qui leur est
offert, tous les convives chantent ensemble la
Commune. Nous visionnons un très beau film
Louise Michel en son temps, réalisé par
Claudine Bourcelot et Sylvie Spilmann. Notre
association est représentée par notre président
d’honneur, Claude Willard, et par notre présidente
Claudine Rey qui, dans son allocution,
remercie Claudine et Jean Bourcelot, ainsi que
Sylvie Spilmann, chevilles ouvrières de
l’Association Louise Michel, et elle rend elle
aussi hommage à Guy Décamps. Elle exprime le
souhait que se renforce la synergie entre toutes les associations proches de la
Commune. Elle présente les Amis de la
Commune de Paris 1871
 : les buts et le rôle de
l’association ; son organisation, en insistant
sur le travail des commissions, ouvertes à tous
et permettant de démultiplier l’action.
Claudine Rey en vient à la démarche actuellement
menée pour que soient réhabilités les
communards : la pétition qui le réclame a déjà
recueilli 10 000 signatures et elle sera présentée
très prochainement au président de la
République, au président du Sénat et au président
de l’Assemblée nationale. « De même que
votre association, Claudine, Sylvie et Jean,
oeuvre à donner une meilleure connaissance de
Louise Michel et, au-delà de la légende, de sa
dimension humaine, de même nous voulons
sortir de l’ombre tous ces anonymes, car la
spécificité de la Commune, c’est d’avoir
entraîné des milliers de communards et de
communardes qui ont prouvé que le pouvoir
peut, dans la diversité, s’exercer de façon
démocratique.
 »

La journée du 14 sera aussi pluvieuse que
celle du 13 avait été ensoleillée. Aussi apprécions-
nous la visite de Langres en petit train,
commentée par Jacques Matrot, guide professionnel
et aussi choriste de l’association hautmarnaise,
à l’abri des intempéries. Depuis le
traité de Verdun de 843, Langres n’a jamais
cessé d’être une ville frontière : c’est pourquoi
elle est ceinte de puissants remparts. Langres
est riche en monuments, notamment en hôtels
particuliers bâtis entre cour et jardin. Toutes
les époques et tous les styles coexistent à
Langres, avec une prééminence certaine de la
Renaissance.

À Auberive, où nous déjeunons au restaurant
de l’abbatiale, nous sommes accueillis par
Jean-Claude Volot, propriétaire de l’abbaye,
qui nous retrace l’histoire des lieux et par sa
fille qui évoque plus particulièrement la
période où, de même que bien d’autres
abbayes devenues biens nationaux après la
Révolution, Auberive avait été transformée en
prison centrale. Après qu’elle eut été vendue
successivement à divers propriétaires, l’État en
fait l’acquisition en 1856 pour y aménager une
prison de femmes afin de désengorger la centrale
de Clairvaux : on renforce les murs
d’enceinte ; on aménage l’aile Est en dortoirs
et en cellules pour recevoir les détenues ; on
construit une chapelle servant aussi de réfectoire.
L’abbaye restera à usage pénitentiaire
jusqu’en 1924. Louise Michel y est détenue
vingt mois – de décembre 1871 à août 1873 –
avant sa déportation en Nouvelle-Calédonie.

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La cour des détenues

Sa conduite exemplaire et son dévouement aux
autres frappent les religieuses qui surveillent
les détenues. Dans la chapelle, Claudine et
Sylvie nous font entendre des extraits de ses
lettres et de ses Mémoires. Avec émotion,
Annie Gayat lit les noms de plusieurs communardes
détenues avec Louise, dont Nathalie Le
Mel. Nous visitons le lavoir, les dortoirs, les
cellules, la cour de promenade au centre de
laquelle se trouvaient les latrines. Jean-Claude
Volot nous montre avant notre départ un très
beau manuscrit de Louise Michel qu’il a acquis
dans une salle des ventes : un dictionnaire
canaque-français.

Le retour en car se fait sous la pluie, mais
Françoise Bazire nous donne du baume au cœur
en nous présentant son magnifique répertoire
de chansons variées et en nous faisant nous
aussi chanter : chants communards, chants
révolutionnaires, chants tout court. Jean-
Michel, notre sympathique chauffeur réunionnais,
entonne lui aussi P’tit’ fleur fanée, p’tit’
fleur aimée…

Un grand merci à tous ceux qui ont préparé
ce voyage parfaitement réussi : l’équipe de
l’Association Louise Michel et le groupe des
amis de la Commune, Aline Raimbault, Marc
Lagana, Françoise Bazire et Yves Lenoir.

GEORGES BEISSON


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