Eugène Varlin chez les ouvriers du Livre

jeudi 24 mai 2012
par  Pierre

L’Institut CGT d’Histoire Sociale
du Livre, collectivité adhérente
à notre association, a
célébré le 140e anniversaire
en organisant une conférence-débat en
décembre sur Eugène Varlin dans la salle qui
lui est dédiée à la Maison du Livre, 94 boulevard
Blanqui à Paris.

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Eugène Varlin (1839-1871)

Marc Norguez, syndicaliste et historien, a
évoqué avec chaleur le beau parcours du
communard en insistant sur le milieu familial
d’artisans-relieurs depuis 1789 et sa formation
sur le tas. En effet, dès sa jeunesse, Varlin
adhère à une société de secours mutuel saint-simonienne
et lorsqu’il sera dans le groupe des
délégués relieurs à l’exposition universelle de
Londres en 1862, il préfèrera voyager à ses
frais comme d’autres camarades pour rester
libre de rédiger un rapport indépendant. Varlin
est déjà tout entier dans ce choix.
Il participe, puis mène des grèves lorsque la
« coalition » d’ouvriers n’est plus interdite, y
rencontre Nathalie Le Mel. Avide de connaissances,
il suit des cours du soir à la Sorbonne
et dès 1864, il est qualifié d’élément dangereux
par la police.

Il est au premier congrès de l’Internationale
où proudhoniens et fouriéristes se rejoignent à
Genève en septembre 1866. Après l’interdiction
d’un premier journal, il prend l’initiative
d’en créer un nouveau qui sera imprimé en
Belgique, La presse Ouvrière. Mais la police
bloque le passage de la frontière et
l’Internationale n’aura plus de journal. En
1868, il devient représentant de cette organisation
pour Paris, ce qui lui vaut d’être emprisonné
trois mois à Sainte-Pélagie.

Les sociétés ouvrières se fédèrent un an plus
tard, des restaurants coopératifs s’ouvrent dans
plusieurs arrondissements avec l’aide de
Nathalie Le Mel. Varlin est désigné comme
secrétaire de la fédération parisienne. Lors du
congrès de Bâle de l’Internationale, il se rapproche
de Bakounine et se définit comme
« communiste non autoritaire  ». Ses activités
syndicales et politiques lui valent un licenciement
et il s’associe alors avec son frère devenu
handicapé à la suite d’un accident du travail.
Partisan du travail des femmes à salaire égal, il
ouvre un atelier de couture dans le XVIIe arrondissement
avec Louise Michel pendant la république
en 1870.
Elu représentant de l’Internationale à la
Garde nationale, il oriente cette dernière vers
l’organisation de la sécurité et s’occupe personnellement
du versement régulier de la solde
aux Fédérés. C’est donc tout naturellement qu’il
se retrouve en mai 1871, pendant la Commune,
directeur général de la manutention et donc du
ravitaillement.
Comme tous les internationalistes, il vote
contre le Comité de salut public et se retrouve
de fait un peu à l’écart. Cela ne l’empêche pas
de monter sur les barricades, passant d’un
arrondissement à l’autre. Place Cadet, il est
reconnu par un prêtre et emmené à Montmartre
où commence son calvaire jusqu’à l’exécution
finale.

Le conférencier Marc Norguez prépare une
biographie de Varlin qui mettra l’accent sur le
rôle formateur des débats d’idées dans la
période qui précéda la Commune.

EUGÉNIE DUBREUIL


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