Hommage à Ladislav Kijno

samedi 2 mars 2013
par  Pierre

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Grande icone pour Arthur Rimbaud et la Commune

Lorsqu’une de mes amies acheta, en
1975, un papier froissé de Kijno que
je ne pouvais, à mon grand désespoir,
acquérir, elle me dit : « Tu pourras venir le voir
quand tu voudras !
 » Depuis j’ai eu l’occasion,
toujours avec le même coup au coeur, de revoir
le travail de Kijno.

En 2001, c’est le grand bonheur ! Notre association
organise une exposition à l’Assemblée
nationale pour commémorer le 130e anniversaire
de la Commune. Kijno y participe avec un
hommage à Arthur Rimbaud et à la Commune.
Les peintres contemporains sont ainsi la preuve tangible que la Commune n’est pasmorte, puisqu’elle inspire les peintres d’aujourd’hui !

En 2002, dans le très bel Espace 89 à Saint
Ouen, Kijno présente 70 portraits du poète
Tristan Tzara. Comment chaque papier froissé,
semblable à l’autre, peut-il être si différent ?
Miracle du talent, du génie ! Chacun, le même,
exprime un sentiment différent.
Mais, comme l’écrit le peintre Robert Combas,
«  si les gens croient qu’il n’a fait que des papiers
froissés ils se gourent
 ». Je me souviens aussi de
cette série intitulée «  Balises pour une femme
debout
 ». Une femme noire sur fond rouge,
c’était Angela Davis ! L’image fut déclinée sous
toutes ses formes… en posters, mais aussi en
broches, en pendentifs argent ou doré. Nous
étions fières, les féministes, de porter ce bijou.
Il m’accompagne encore !

En 2003, Kijno expose à la Maison d’Aragon
et d’Elsa. Je revois ce magnifique travail. Et
tant d’autres fois depuis, avec toujours une
même émotion.

Ladislas était adhérent des Amis de la
Commune
. De coeur avec nous, il partageait
pleinement les valeurs de justice sociale des
communards. C’était l’homme de tous les combats
humanistes.
À l’aube du XXIe siècle, lorsqu’il nous fait parvenir
ses voeux, il personnalise son oeuvre «  La
cavalière de la paix
 » et nous encourage au
combat «  Haut les coeurs, écrit-il, et vive la
Commune !
 ».

Nous n’aurons pas ses voeux cette année et
nous le pleurons avec un grand nombre de ses
amis au cimetière du Montparnasse !
Le 27 novembre 2012, il a laissé seule Malou,
sa femme qui lui a tenu la main tous les jours
depuis 58 ans et jusqu’à la dernière minute. À
Malou, nous avons présenté nos condoléances,
et tenté de partager avec elle, autant que possible,
ce moment insoutenable de disparition
physique.

En 1960, Aragon avait écrit « Hommes de
demain soufflez sur les charbons/à vous de dire
ce que je vois
 ». Ladislas Kijno était de ces
hommes-là. Il a soufflé sur les braises tant
qu’il a pu. Aujourd’hui, ce sont ses oeuvres qui
continuent à exprimer avec force, souvent avec
violence, son envie de changer le monde. Merci
à Kijno qui restera notre ami.

CLAUDINE REY


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