Justice !

samedi 1er décembre 2012
par  Pierre

La justice, c’est la réhabilitation de tous les communards à qui nous devons tant !

Plus de 20 000 victimes, hommes, femmes, enfants, pendant la Semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871.

Communards et communardes massacrés et
oubliés sous la chape de plomb d’une histoire
officielle.

L’amnistie de 1880 a permis le retour des déportés
et des exilés, mais ni ces derniers, ni ceux qui
furent exécutés arbitrairement, sur décision de
tribunaux d’exception très contestables, n’ont été
réhabilités.

Près de 10 000 personnes, dont des élus de la
nation, des responsables politiques et syndicaux,
des responsables d’association, ont signé la pétition
que nous avons initiée à l’occasion du 140e
anniversaire de la Commune, et nous avons écrit
à Messieurs les Présidents de la République, du
Sénat et de l’Assemblée nationale afin qu’ils nous
soutiennent dans cette démarche de réhabilitation
de toutes les manières possibles. Certes, en
raison de l’ampleur des procédures, la révision de
tous les procès qui ont condamné à la peine de
mort, à la déportation, à l’exil un grand nombre
de communards est improbable, mais la réhabilitation
de la Commune et des communards est
pour nous une urgence démocratique.
Nous voulons que ceux qui, ayant refusé de pactiser
avec l’ennemi, ont porté très haut les valeurs
de la République laïque et de la démocratie, ne
soient plus considérés comme des criminels.

JUSTICE, nous réclamons justice pour celles
et ceux qui ont su montrer leur attachement à
la démocratie sociale, leur volonté d’émanciper
les femmes, de donner une place aux étrangers,
aux mal-logés, de confier aux salariés un
droit de regard sur leur entreprise, de séparer
l’Eglise de l’Etat, d’abolir la peine de mort…

Cette réhabilitation peut prendre diverses
formes : la pose de plaques commémoratives
nominatives sur des édifices publics, la dénomination
de rues, de places, de squares faisant
référence à la Commune, son évocation dans
des discours, l’inscription au programme d’histoire
de cette révolution, des expositions, une
démarche officielle significative, et pourquoi
pas une décision d’Etat qui instituerait une
journée nationale de commémoration !
Prosper Lissagaray, évoquant la force collective
dans Les huit journées de mai derrière les
barricades, écrit : «  Notez que cette force, cette
foule est anonyme. Elle n’a pas de chefs, pas de
meneurs. On demande où étaient les grands
hommes du 18 mars. Il n’y en avait pas et il est
inutile d’en attendre. Mais c’est précisément la
puissance de cette Révolution qu’elle est faite
par la moyenne des hommes, c’est-à-dire par tout
le monde et qu’elle ne dépend pas de quelques
cervelles de génie.
 »

Au-delà de notre association qui porte le
flambeau des communards de retour de déportation
ou d’exil qui l’ont créée en 1882, vous et
nous, partisans d’une République laïque et fraternelle,
nous sommes tous des communeux !

MICHÈLE CAMUS


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