LA MONTÉE AU MUR 2015

samedi 19 septembre 2015

Plusieurs centaines de citoyennes et citoyens ont participé le 31 mai 2015 à la traditionnelle montée au Mur des Fédérés, répondant à l’appel de l’association des Amies et Amis de la Commune de Paris, relayé par soixante sept organisations du mouvement démocratique associatif, syndical et politique.

Parti de l’entrée du cimetière, rue des Rondeaux, le cortège se dirigeait vers le Mur des Fédérés par l’allée circulaire du même nom. Le temps de régler la sonorisation, les participants patientaient en interprétant des chansons de la Commune. L’ambiance était d’ores et déjà à la fête.

Françoise Bazire, secrétaire générale des Amies et Amis de la Commune, rappelait l’objet de ce rassemblement : rendre hommage aux communardes et communards victimes, il y a cent quarante-quatre ans, de la féroce répression versaillaise et inscrire leur histoire dans la mémoire populaire. C’est l’objet de poses de plaques en mémoire de la Commune et des communards dans les rues et édifices publics, les plus récentes étant celles de l’Hôtel-de-Ville de Paris et l’inauguration de la rue Léo Fränkel dans le XIIIe arrondissement. Cette intervention était suivie du dépôt de dizaines de gerbes de fleurs apportées par les organisations ayant appelé à la cérémonie ainsi que par les élus de gauche et progressistes de Paris et d’Île-de-France.

Puis la foule écoutait avec attention, et souvent approuvait par ses applaudissements, l’intervention de Joël Ragonneau, co-président des Amies et Amis de la Commune. La Commune de Paris, affirmait-il d’emblée, est un exemple vivant, d’une grande richesse démocratique et sociale, reconnu en France et dans le Monde.

Les mesures de progrès de la Commune n’auraient pas pu être prises sans l’adhésion des femmes et des hommes qui se réunissaient chaque jour dans les clubs et autres organisations populaires pour rendre compte de leurs difficultés de vie et exprimer leurs besoins. Ces lieux de pédagogie étaient aussi des espaces où les Parisiennes et les Parisiens pouvaient contrôler, aiguillonner et sanctionner éventuellement leurs représentants élus.

Aujourd’hui, nous vivons une grave crise de la démocratie, une situation porteuse de dangers, notamment le repli sur soi, le rejet de « l’autre », l’étranger, le différent. L’idée même de démocratie est attaquée. Nos services publics sont menacés ; l’école est en crise ; la laïcité menacée ; des patrons voyous délocalisent pour accroître leurs profits.

Face à cette situation, les idéaux des communards sont une source vivante dans les combats pour que la démocratie retrouve le chemin du peuple, lequel n’abdique jamais sa souveraineté.

Notre association des Amies et Amis de la Commune a engagé une campagne pour obtenir la réhabilitation de ces femmes et de ces hommes qui voulaient la République universelle, une société de justice et d’égalité. Réhabiliter les communards, c’est faire connaître leurs combats, leurs actions. Mais c’est d’abord et surtout affirmer que la Commune n’est pas morte, que ses idéaux sont toujours actuels, c’est mettre en valeur les luttes d’aujourd’hui qui portent l’objectif d’une société plus humaine et plus solidaire. Se souvenir du passé est une manière de poser des exigences pour construire, ensemble, notre présent.

Nous porterons ces ambitions tout au long de l’année 2015 durant laquelle nous célébrerons le centenaire du décès d’Édouard Vaillant, communard de la première heure, resté fidèle toute sa vie aux idéaux de la Commune.

Nous allons continuer dans cette voie en demandant qu’une station de métro parisien porte le nom de Commune de Paris 1871.

En signe d’approbation, la foule chantait, en chœur et avec enthousiasme, Le Temps des Cerises, hymne de la Commune, et L’Internationale.

Yves Lenoir

À MONTPARNASSE AUSSI

Comme nous le faisons désormais une année sur deux, nous nous sommes retrouvés le lendemain de la Montée au Mur des Fédérés devant le monument aux Morts de la Commune dans le cimetière du Montparnasse, érigé en 1910 près de l’endroit où 1600 à 2000 fédérés ont été inhumés dans des fosses communes en 1871.


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