LA MONTÉE AU MUR 2018

samedi 22 septembre 2018

Parlant du Mur des Fédérés, Eugène Pottier écrivait : « Le massacre en l’éclaboussant / En fit une page historique ». Une fois encore, suivant une tradition plus que centenaire, la mémoire de la Commune et des communards a été célébrée, le samedi 26 mai 2018, lors de la montée au Mur.

Plus de 70 organisations avaient signé et relayé l’appel des Amies et Amis de la Commune. La concomitance de la « Marée populaire » n’a pas empêché plusieurs centaines de personnes de se rassembler à 14 h 30, sous un beau soleil, pour se rendre en cortège jusqu’au Mur.

Le thème de l’année, «  Un peuple en mouvement », convenait particulièrement bien au contexte de forte mobilisation sociale dans lequel s’est déroulée cette édition 2018 de la montée au Mur.

Prenant la parole en premier, Françoise Bazire évoque d’abord Jules Joffrin, à qui un hommage a été récemment rendu dans la station de métro qui porte son nom, et à qui nous devons de pouvoir chaque année rendre hommage aux communards, puisqu’il est à l’origine de la souscription qui a permis l’achat de la concession des terrains du Mur des Fédérés.

Elle fait ensuite allusion à la récente déclaration de l’actuel président de la République, qui a osé dire : « Versailles, c’est là où la République s’était retranchée quand elle était menacée  ». Jamais auparavant, un président de la République n’était allé aussi loin dans la réhabilitation de Thiers. Veut-il s’inscrire dans la filiation des versaillais ?

Elle indique aussi les axes de notre action dans les temps qui viennent. En premier, obtenir qu’une station de métro de Paris porte le nom de « Commune de Paris 1871 ». Nous avons été surpris d’apprendre que ce qui est possible pour Simone Veil – et nous ne le contestons pas – ne vaut pas pour la Commune. Cela nous invite à poursuivre et amplifier notre campagne, dans la perspective du 150e anniversaire.

Elle conclut en citant notre regretté président Claude Willard : « Il faut impérieusement faire connaître la Commune, fille de son époque, héritière et porteuse d’avenir. Une Commune qui, traçant une voie inexplorée, peut nourrir nos réflexions, par exemple sur la participation des masses, des ouvriers, des femmes, des jeunes, sur la démocratie, l’autogestion, le rejet de la bureaucratie... sans y chercher leçons ou modèles. À temps et à problèmes nouveaux, solutions nouvelles.  »

Après le dépôt des gerbes par les élu.e.s et les organisations présentes, la parole est à Marc Lagana, qui après avoir évoqué les derniers combats des communards, devant le Mur, rappelle l’esprit de la Commune : une libération de la parole, de l’écrit et de la pensée ; une utopie émancipatrice « pour la reconquête de la ville et la conquête du pouvoir par le peuple et pour le peuple » ; une démocratie intégrale, « sans dirigeants, sans hiérarchie » ; une profonde aspiration à la démocratie sociale et à l’égalité. Il l’illustre dans trois domaines : l’émancipation du travail, pour le droit au travail et le droit du travail ; l’émancipation des artistes, contre toutes les tutelles et pour « l’autogestion de l’art par les artistes  » ; enfin l’émancipation des femmes, à la pointe du combat pour l’égalité.

Puis, il lance un appel « à toutes les organisations, toutes les associations, tous les individus ici présents  » à unir leurs efforts et fédérer leurs initiatives respectives pour préparer ensemble le 150e anniversaire de la Commune de Paris. Car, « le meilleur hommage que l’on puisse rendre au combat et au sacrifice des communards, c’est d’agir ensemble pour que les idéaux de la Commune soient mis en avant dans les combats d’aujourd’hui  ».

Nous ne pouvions évidemment pas nous séparer sans avoir chanté Le Temps des cerises et L’Internationale, avant d’aller rejoindre la « Marée populaire » et (du moins pour ceux qui l’ont trouvé) le char de la Commune.

MICHEL PUZELAT

Lire les signataires de l’appel


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