LES ACTIVITÉS DU COMITÉ BERRICHON

mardi 6 mai 2014

Les Amis Berrichons de la Commune de Paris-1871 depuis leur dernière assemblée générale (30 mars 2013) continuent leur activité : Participation aux réunions nationales ; participation à plusieurs salons du livre (Châteauroux, Vierzon, Bourges où nos brochures ont du succès) ; émissions hebdomadaires et mensuelles sur une radio locale berruyère Radio Résonance 96.9Mhz et épisodiquement sur France Bleu Berry ; participation à la Journée de la femme : soirée du 7 mars 2014 à Saint-Germain du Puy (1 adhésion) ; informations sur les communards et l’association dans la presse écrite : Berry Républicain, le Petit Berrichon (journal gratuit), 18 (hebdo du Parti Communiste du Cher) ; présence aux manifestations pacifiques ou de réhabilitations des mutins de 1917, chez nos voisins (départements Nièvre et Creuse) ; diffusion de notre exposition : du Berry à Paris, les communards Berrichons «  sans oublier les communardes  » ; inauguration de l’espace Gabriel Ranvier à Baugy (lire article ci-dessous).

Michel Pinglaut

143 ans après que Gabriel Ranvier ait signé la dernière affiche de la Commune, 135 ans après sa mort (1879), les Amis berrichons et berrichonnes de la Commune voient leur démarche aboutir : Gabriel Ranvier possède dans sa commune de naissance, Baugy (Cher) un espace vert inauguré le samedi 15 février 2014.

BAUGY (CHER)
Un espace Gabriel Ranvier

Cet hommage, cette réhabilitation se sont faits en deux temps. À 11 heures, dévoilement de la plaque commémorative installée sur l’espace Gabriel Ranvier, sous les notes du Temps des cerises, interprété par la société musicale locale, La Lyre de Baugy. En levant le drapeau jaune et bleu, aux couleurs de Baugy, dévoilant la plaque, le maire a voulu montrer que, symboliquement le Communard revenait au pays. Plusieurs descendants étaient présents.

En cortège, tous les invités se sont rendus à l’Hôtel de Ville, où la salle du conseil municipal fut rapidement remplie. Il revenait au président des Amis Berrichons et Berrichonnes de la Commune de commencer les discours.

L’Association était fort bien représentée par les adhérents du Cher, et ceux de l’Indre qui n’ont pas hésité à faire un long déplacement en Champagne Berrichonne.
Le président (Michel Pinglaut) remercia les personnalités élues, associatives, culturelles, éducatives… présentes. Il rappela, avec enthousiasme, les principaux ouvrages retraçant l’activité importante de Gabriel Ranvier, sa présence sur une plaque commémorative en mairie du XXe arrondissement et sa citation dans le dictionnaire Robert des noms propres.

Pour les ouvrages, il a cité le Dictionnaire de la Commune de Bernard Noël, Les jours de la Commune de Bertolt Brecht (où Ranvier est un personnage de la pièce), le Dictionnaire Maitron, le bulletin de 2003 du Cercle généalogique du Haut-Berry, les Hommes de la Commune du général Zeller, Gabriel Ranvier, le Christ de Belleville de notre ami Alain Dalotel.

Ce livre avait fait l’objet d’une note de lecture à sa parution sur le site des Arts Balgyciens, note rédigée par l’ancien conseiller général (centriste) Michel Renoux. Ce dernier, présent, a d’ailleurs redistribué cette note à l’occasion.

Fait sympathique et important : les enfants du CE2-CM des trois classes concernées lurent ensuite l’acte de naissance (1828) et son portrait dressé par Jules Vallès dans L’insurgé. Les trois enseignants avaient, plusieurs semaines avant, accepté et préparé ce projet.

Michel Pinglaut, quelques jours avant la cérémonie, avait tenu cours devant ces enfants pour évoquer la Commune. A l’issue de la lecture, chacune des enseignantes reçut en cadeau, la brochure de notre association sur L’histoire de la Commune.

Françoise Bazire, notre secrétaire nationale, s’était déplacée à l’initiative des Amis berrichons, avec sa tenue du 142e anniversaire. Elle rappela les réformes sociales insufflées par les communards, terreau des idées de la Troisième République. Elle parla des femmes, de la laïcité, de la condition ouvrière. (Ce discours a été diffusé le jeudi 13 mars sur Radio Résonnance 96.MHZ).

Le maire de Baugy Francis Guillemin retraça la vie de son compatriote au siècle dernier. Il faut rappeler que le Conseil municipal avait adopté à l’unanimité le principe d’une plaque commémorative.

Le sénateur Pointereau (droite), scandalisa les présents par la primarité de sa pensée politique (« les révolutions se finissent par des dictatures » ou « la vraie démocratie, c’est l’alternance »). Ce Pointereau est malheureusement bien dans la lignée de l’Assemblée des « ruraux  », du temps de la Commune. Il dut subir l’assaut, sitôt son piètre discours terminé, des Amis présents qui apportèrent contestations, précisions et réparations. Il fut même désapprouvé par les quelques présents de son bord.

Il fallait quand même que l’hommage se termine bien. La Lyre de Baugy redonna quelques airs, pendant que l’assistance sirotait avec modération, un verre de « berrichon  » ou de « communard ». Plusieurs descendants de G. Ranvier étaient présents et heureux de cet hommage.

Ajoutons toutefois quelques réflexions, qui montrent que tout n’est pas gagné dans les têtes, 143 ans après.

La Lyre de Baugy n’a pas osé interpréter l’Internationale. Le maire fait inscrire sur la plaque « homme politique » et non «  communard ». Le voile, qui cachait la plaque, ne fut pas accepté rouge, mais bleu et jaune. Le député socialiste de la circonscription s’était fait excuser, mais non mentionné par le maire. Les élus socialistes (conseiller général, maires de certaines communes du canton) étaient absents…

À l’occasion de cet hommage à Gabriel Ranvier, les Amis Berrichons ont présenté leur exposition en huit panneaux sur les « Communards du Berry », avec notamment un panneau sur les femmes, actualisé et complété, suite à la parution du Petit dictionnaire des femmes de la Commune. Plusieurs brochures furent vendues. Déjà, certains ont rêvé la plantation d’un cerisier dans cet espace. A Baugy, existe déjà le chemin des Griottes et le chemin des Merisiers.

L’évènement de la pose de la plaque fut relaté par le Berry Républicain, le Petit Berrichon et Radio Résonnance.

Le lendemain, à Meneton-Salon (Cher), en réponse à l’invitation de l’association Le Carroi, le président des Amis Berrichons a tenu une conférence «  de Ranvier à Patouchard  », où il parla aussi des communards Berrichons (Vaillant, Gambon, Pyat, les frères Ocolowitz, Marie Mercier). Il s’agit d’une opération culturelle et festive, dite « Uchronie [1] de Salon », qui se déroule tout au long de l’année 2014 pour dévoiler les rapports étroits existant entre la Commune de Paris-1871 et un certain Anatole Patouchard… Là, encore
exposition et vente de brochures.

MICHEL PINGLAUT


[1Uchronie : évocation imaginaire dans le temps, époque fictive. Dans cette conférence, se sont mêlés des faits réels et la vie fictive d’Anatole Patouchard, cartier ludique sous la Commune…
L’auteur tient à disposition le texte de cette conférence, unique, du fait de l’uchronie.


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