La Commune, une république laïque

samedi 24 mars 2012

Affiche de la CommuneAu moment où est célébré le centenaire de la Loi de Décembre 1905, il n’est pas inutile de rappeler que la Commune de Paris avait, trente-quatre ans auparavant, décrété la séparation de l’Église et de l’État.

En 1871, la France vivait sous le régime du Concordat de 1801 conclu entre le Pape et Bonaparte, aggravé par la Loi Falloux du 15 mars 1850 qui imposait l’instruction reli­gieuse dans les écoles. La question de la mainmise de l’institution religieuse sur l’État et l’Enseignement se posait donc avec force.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le premier décret de la Commune, adopté dès le 2 avril 18 71, ait eu pour objet de répondre à cette demande pressante de la population parisienne. Il n’est pas inutile de préciser que le décret en question remettait en cause l’emprise de l’institution religieuse et non la foi qui relève de la liberté individuelle. Ce décret avait été précédé, le 29 mars,

par la mise en place de la Commission de l’Enseignement qui allait créer l’École laïque, gratuite et obligatoire, onze ans avant les lois de Jules Ferry. Sous l’impulsion de cette Commission, et dans l’esprit démocratique et citoyen de la Commune, les municipalités des arrondissements et les organisations populaires mettaient en oeuvre les mesures pratiques incluant l’Enseignement professionnel et l’égalité entre le sexes.

L’écrasement de la Commune allait annuler ces avancées. Mais le grain était semé. L’œuvre de la Commune ne pouvait être ignorée des législateurs de la IIIe République. Et nous pouvons affirmer que l’école laïque, gratuite et obligatoire, et la Loi de 1905, sont les filles de la Commune de Paris-1871. Comme tout progrès démocratique, la laïcité a été et est encore l’objet de maintes attaques. Comment ne pas s’inquiéter des propos d’un ministre important appelant de ses vœux le recours aux institutions religieuses pour apporter des réponses aux difficultés de vie dans les quartiers défavorisés ? Comment rester indifférent devant le fait que le Concordat bonapartiste reste en vigueur en Alsace et en Moselle ?

Le combat des Communards est toujours d’actualité. L’œuvre de la Commune et la méthode démocratique et citoyenne pour l’élaborer, sont les sources d’inspiration pour les défenseurs de la laïcité.

Yves Lenoir

N.B. Sous le titre "La Commune et la laïcité », notre Association vient de publier une brochure qui relate les origines et les applications immédiates du décret de la Commune du 2 avril 1871. Prix 3 euros (frais de port : 0,77 euro).


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