La montée au Mur 2012

lundi 28 mai 2012
par  Pierre


Montée au mur des fédérs 2012

Mur 2012 Mur 2012

A l’appel de notre association et de plus de cinquante organisations associatives, syndicales et politiques, ce sont plusieurs milliers de personnes qui, sous un ciel bleu azur et un soleil de saison, sont venus rendre hommage aux communards et perpétuer leurs idéaux.

Les drapeaux et les signes distinctifs se sont mélangés au gré des rencontres amicales.

Nous avions placé cette Montée 2012 sous le signe de la réhabilitation des communards. En effet, si le 11 juillet 1880 la loi d’amnistie totale est votée à l’Assemblée nationale, cette loi ne faisait que pardonner les communards qui restent aux yeux de la loi des coupables. Et cent quarante et un ans après 1871, la réhabilitation des communards est devenue une bataille de la mémoire qui nous concerne tous car les idées démocratiques et sociales de la Commune restent toujours d’actualité.

Mur 2012 Mur 2012

Notre amie Sylvie Pépino, dans son allocution a rappelé que la Commune a inventé et élaborée une démocratie avancée, l’école laïque et gratuite, des droits égaux pour les étrangers, la reconnaissance de l’union libre, la réquisition des logements vacants pour les sans logis et le moratoire sur les loyers, la gestion en coopérative des ateliers abandonnés par les patrons voyous de l’époque appelés ironiquement les francs fileurs….

Sylvie Pépino a également fait remarquer que la Commune continue d’inspirer les combattants d’aujourd’hui pour la démocratie, la paix et le progrès social. Sylvie fût plusieurs fois interrompue par des applaudissements, notamment lorsqu’elle proposa que l’histoire de la Commune devienne incontournable dans les études scolaires et lorsqu’elle proposa d’inscrire le 18 mars dans les commémorations nationales. Enfin Sylvie a insisté sur le combat pour la mémoire.

C’est en chantant à l’unisson l’Internationale et le Temps des cerises que la foule s’est dite un au revoir. Un bon présage et un souffle d’espoir pour que ne s’arrête pas la route de l’histoire, de façon à poursuivre l’œuvre et le combat de celles et ceux qui au printemps de 1871 sont montés « à l’assaut du ciel ».

Mur 2012 Mur 2012

Témoignage

La montée au mur du 26 mai 2012

Peu porté sur les cérémonies et encore moins enclins aux honneurs. J’ai accepté la proposition de Claudine Rey de faire la montée au Mur des Fédérés et de déposer la gerbe en cette date anniversaire. A titre personnel, je ne représente rien à part moi-même. En revanche, accepté de poursuivre cette tradition annuelle au nom de l’association régionale que je représente, prenait tout son sens.

En remerciement à tous mes aînés (Claude Willard, Jean-Louis Robert, Claudine Rey, Yves Lenoir, Pascal Bonnefemne, Jean-Claude Lieberman, Françoise Bazire, Claude Fleurot pour qui j’ai une pensée émue, Maurice Moissonnier que j’ai croisé sur la route de l’histoire de 89) qui ont guidé mes pas. Egalement pour moi c’était représenté tous les gens (Yves, Jean-Louis, Gérard, Marc, Georges, Germaine, Jean, Yoann, Sylvie, Michel, Jean-Claude, Hervé) de la région des Pays de la Loire qui ont adhéré et fait en sorte que nous constituions l’association et a aujourd’hui à son actif des conférences, des expositions, des déambulations.

Pour nous les gens de l’Ouest c’était relever un défi car nous pourrions être confondu à ces réactionnaires de la chouannerie ou de la Vendée militaire. Mais notre région et en particulier le département de Maine et Loire s’est illustré avec 600 volontaires des 6ème et 8ème Bataillons de Paris qui sont morts héroïquement à La Roche de Murs le 26 juillet 1793. Des perrayeux (mineurs d’ardoise) se sont distingués en réagissant au coup d’état du 2 décembre 1851 de Napoléon III. Dans la nuit du 26 au 27 août 1855, ces perrayeux, adhérents d’une société secrète La Marianne, tente une insurrection en marchant de Trélazé vers Angers. Celle-ci échouera et les protagonistes subiront de lourdes peines. En Loire-Atlantique près de Châteaubriant dans une carrière 27 otages seront fusillés le 22 octobre 1941, dont le plus jeune, 17 ans, s’appelait Guy Môquet.

Propager les idées de la Commune pourrait sembler puéril, voire suranné et pourtant hier en 1871, comme aujourd’hui en 2012 le peuple a toujours de grandes attentes. Vais-je revoir surgir dans une de ces allées du cimetière du Père-Lachaise tous ces combattants connus ou inconnus de la Commune de 1871 qui ont lutté jusqu’au bout de leurs forces et payant de leur vie pour notre liberté ? Vais-je voir l’indicible, avec 147 prisonniers amenés de la prison Mazas puis fusillés sur le tertre. Deux mots me reviennent : reconnaissance en leur octroyant cette réhabilitation et dignité car il avait un idéal, un espoir ne plus vivre à genou, mais vivre debout. Après cette belle journée de printemps, j’arrive à Angers où le ciel s’est obscurci en ce début de soirée et l’orage menace. Mais n’est-ce pas J.B. Clément qui écrivait le 24 avril 1871 dans le « Cri du Peuple » : « nous ne nous préoccupons pas ici de savoir si ces décrets de la Commune seront exécutés ou non. Ce qui nous importe, c’est de constater leur signification, leur portée philosophique, leur valeur politique et sociale. Et nous pouvons ajouter cette déclaration du 23 mai 1871 de Karl Marx au Conseil Général de l’AIT : « Mais si la Commune est battue, la lutte sera seulement remise. Les principes de la Commune sont éternels et ne peuvent être anéantis ; ils ne cesseront de se manifester à nouveau tant que la classe ouvrière n’aura pas obtenu sa libération. »

Rémy Barbier


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