La montée au Mur 2013

lundi 16 septembre 2013
par  Pierre

Le samedi 25 mai, plus de 1500
personnes sont venues rendre
hommage à la Commune, aux
communards et communardes qui
ont défendu leurs idéaux jusqu’au sacrifice de
leur vie.
Après avoir lancé notre campagne de pétition
pour la réhabilitation de la Commune, nous
avons multiplié les démarches auprès des mairies,
des ministères, des institutions pour
obtenir la pose de plaques ; nous avons eu des
résultats, mais il y a encore beaucoup à faire
et nous continuerons inlassablement pour
obtenir satisfaction. Les fiches pédagogiques
du ministère de l’Education nationale ont été
modifiées, mais il n’y a pas encore de décret
pour modifier les programmes.

Joël Ragonneau, co-président de l’association,
nous a rappelé que pour apprécier pleinement
l’oeuvre de la Commune, il fallait tenir compte
des conditions historiques. La Commune est la
seule véritable démocratie ayant existé. Si elle
dut songer avant tout à se défendre, malgré des
circonstances très défavorables et malgré sa
courte existence, la Commune réussit à adopter
des mesures d’avant-garde dans tous les
domaines.

Le 3 avril, c’est le décret de la séparation de
l’Eglise et de l’Etat, 34 ans avant avant la loi
de 1905 ; l’instauration de l’école laïque gratuite
et obligatoire et la création d’un enseignement
professionnel pour tous, filles et garçons.
Aujourd’hui, le combat continue pour le
service public, la laïcité et le savoir.

De nombreux étrangers participèrent à la
Commune, travailleurs immigrés, révolutionnaires
qui cherchaient asile dans le pays incarnant
les droits de l’homme. Fait unique dans
l’histoire, plusieurs étrangers occupent une
place dirigeante. Léo Fränkel, hongrois, ouvrier
bijoutier, sera nommé ministre du Travail ;
Dombrowski et Wrobleski, généraux polonais,
assurent des commandements militaires ;
Elisabeth Dmitrieff dirige avec Nathalie Le Mel
l’Union des femmes. Les étrangers sont reconnus
citoyens à part entière. De nos jours, des
hommes, des femmes et même des enfants
sont incarcérés avant d’être expulsés.

Parmi les mesures prises, figurent l’égalité des
salaires entre instituteurs et institutrices, la
lutte contre le chômage, la réquisition des ateliers
abandonnés par les patrons (les « francs-fileurs
 »), la reconnaissance de l’union libre.

Les femmes, si elles n’avaient pas le droit de
vote, ont participé activement à la Commune.
Elles ont organisé les ateliers et donné du
travail aux femmes. Elles n’ont pas hésité à se
battre sur les barricades.

Tous ces mesures prises par la Commune sont
d’une grande actualité. Le plus grand hommage
que nous pouvons lui rendre est de mettre en
application ce qu’elle a été capable de mettre
en place en 72 jours.

VIVE LA COMMUNE !

FRANÇOISE BAZIRE

TEMOIGNAGE

"Le vent de la justice, de la liberté et de la fraternité souffle toujours au Père-Lachaise"

Participer, pour
la seconde fois,
à cette montée
au Mur,
n’avait
rien de banal pour moi : d’une
part, le plaisir de retrouver et de
partager ce moment avec tous les
amis connus ; de l’autre, accompagner
un de nos nouveaux adhérents
de « l’association des amis
de la Commune de Paris 1871 des
Pays de la Loire
 », fier d’être le
digne descendant d’un fédéré :
Onésime Prudent Dervillers dont
la tombe est quasiment face au
Mur des Fédérés dans la même
rangée que celle de Jean-Baptiste
Clément.
Sur ce jardin-cimetière du Père-Lachaise ne plane-t-il pas les
ombres de ces communards qui se
sont battus jusqu’au dernier ? Le
vent de liberté, de justice et de
fraternité souffle toujours grâce
aux chants entonnés.
« Debout… debout... ». À votre
tour tremblez, versaillais, tremblez,
les ennemis du peuple.
Notre association des Pays de
la Loire, encore bien modeste,
creuse son sillon petit à petit.
Notre espoir grandit avec la rencontre
de nouveaux amis au gré
de nos animations, de nos
actions. Des publics progressistes
restent à conquérir, mais également
des jeunes, des scolaires.

Samedi 25 mai 2013, nous
sommes allés à la rencontre de
celles et de ceux qui tenaient à
lutter pour un monde de justice,
pour un monde de liberté et
pour un monde de fraternité.
Serions-nous utopiques, serions-nous
irréalistes au point que
cela ne serait pas possible ?
En 1871, comme aujourd’hui,
devrions-nous nous serrer la
ceinture, alors qu’une minorité
argentée n’a pas de pudeur à
exiger les suprêmes sacrifices
pour la majorité. Plus que
jamais, nous sommes armés de
nos convictions, prêts à ferrailler
avec les versaillais et les
Adolphe Thiers d’aujourd’hui.
Cette montée au Mur n’est pas
qu’un symbole. Elle reste et
demeure toujours un espoir à
réaliser :
Une véritable démocratie portée
par et pour le peuple. Des
étrangers qui ont toute leur
place à prendre dans une société
humaine prête à les accueillir, et
non à les rejeter au-delà de nos
frontières. N’est-ce pas un communard,
simple fédéré de surcroît,
et géographe de renommée
internationale, Elisée Reclus, qui
montrait le côté factice de nos
frontières, de toutes les frontières,
sans nier les particularités
de chaque peuple.
De véritables services publics
au service du peuple, au service
de tous et non des trusts qui
n’arrêtent pas de gaver leurs
actionnaires.
Assurer à nos mères, à nos
femmes, à nos compagnes, à nos
sœurs, à nos filles et petites-filles,
la place qui leur revient et
non des strapontins pour faire
joli dans le décor.
A quel moment retrouverons-nous
une véritable laïcité à
l’école, l’accès à la culture pour
tous et à tous les âges, non élitiste,
l’accès au travail non
contraignant, non avilissant et
au profit de tous, et non au seul
profit marchand ?

RÉMY BARBIER


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