La montée au Mur 2014

lundi 15 septembre 2014

Samedi 24 mai 2014, malgré la pluie, plus de 1 500 personnes ont participé à la traditionnelle montée au Mur des Fédérés pour rendre hommage à la Commune, à ses militants et militantes, à ses combattants et combattantes, qui ont défendu leurs idéaux dans une lutte inégale contre les forces de la réaction.

Françoise Bazire donne la liste des 93 organisations, associations, syndicats, mouvements politiques, qui cette année ont répondu à l’appel des Amies et Amis de la Commune.

Henri Blotnik prend la parole pour évoquer le thème de ce 143e anniversaire : l’œuvre démocratique de la Commune. Il rappelle les circonstances dans lesquelles le peuple de Paris, profondément républicain, mobilisé pour la défense de la capitale, trahi par le gouvernement de Thiers et l’assemblée de Versailles, se soulève le 18 mars 1871.

Le 28 mars 1871, les Parisiens, se plaçant dans le sillage de la Grande Révolution de 1792, proclament la Commune qui, en 72 jours, va poser les bases d’un monde nouveau, et dont l’œuvre démocratique est indissociable de l’œuvre sociale.

La Commune instaure une forme inédite de gouvernement, un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. C’est un gouvernement d’assemblée sous contrôle populaire, qui délibère sous la surveillance directe des organisations sociales, chambres syndicales, clubs, garde nationale. Les délégués, qui ne peuvent pas cumuler les mandats, sont « responsables et révocables à tout moment ».

L’idéal des communards est de substituer à l’État une fédération des communes de France. Mais l’isolement de la Commune ne permet pas au mouvement communaliste de se développer.

La Commune réserve un place toute particulière aux femmes qui, bien que n’ayant pas encore le droit de vote, exercent des responsabilités importantes dans les organisations sociales, notamment dans le cadre de l’Union des femmes.

Les étrangers sont reconnus comme citoyens à part entière. Ainsi Léo Fränkel, ouvrier hongrois, nommé ministre du Travail, ou encore les généraux polonais Dombrowski et Wrobleski, la russe Elisabeth Dmitrieff qui dirige l’Union des femmes.

Tout en prenant des mesures d’urgence pour soulager la misère (interdiction de l’expulsion des locataires) et pour améliorer les conditions de travail (interdiction du travail de nuit des boulangers), la Commune prend des mesures essentielles au développement démocratique : réquisition des ateliers abandonnés qui sont remis aux ouvriers ; instauration de l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire ; création d’un enseignement professionnel pour tous, filles et garçons ; séparation de l’Église et de l’État…

Enfin, Henri Blotnik annonce qu’à la suite de plusieurs mairies d’arrondissement, une plaque sera prochainement apposée à l’Hôtel de Ville de Paris en hommage «  aux élus de la Commune de Paris qui ont administré la ville du 26 mars au 28 mai 1871  ».

Après le dépôt des gerbes, la chorale Rouges Gorges entraîne le public vers Le Temps des Cerises et L’Internationale.

MICHEL PUZELAT

Lire les signataires de l’appel


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