Le Paris communard de Jérôme Gulon

lundi 3 décembre 2012
par  Pierre

Si vous êtes curieux, vous avez certainement aperçu dans Paris, les mosaïques de
Jérôme Gulon. Ce céramiste a réalisé plusieurs parcours artistiques, dont un
consacré à la Commune, qui s’étend de la Bastille au Quartier latin, et de la Butte-
Montmartre à la Butte-aux-Cailles.

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L’artiste Jérôme Gulon en pleine action

Jérôme Gulon est un des premiers à
avoir introduit la mosaïque dans
l’art urbain et contribué ainsi à
donner à ce moyen d’expression sa
place dans l’art contemporain. Tel le petit
Poucet, il dissémine ses petits carrés sur les
murs parisiens. Loin d’un art qui s’affiche, la
découverte de ses œuvres, souvent de petit
format, nécessite un grand sens de l’observation
et beaucoup de patience de la part du promeneur.
Cet artiste occupe une place à part
dans le monde de l’art urbain. Professeur
agrégé le jour et artiste clandestin la nuit,
Jérôme a soutenu une thèse sur la mosaïque
contemporaine et enseigne aujourd’hui à la
Sorbonne et à l’Université Paris 8 dans le
domaine de l’art urbain, de l’image et de l’environnement.
Depuis vingt-cinq ans, il expose
régulièrement en France et à l’étranger. A
l’occasion du 140e anniversaire de la Commune,
Jérôme Gulon a créé un nouveau parcours dans
Paris, consacré à l’insurrection de 1871. On
peut commencer cette promenade par la rue de
la Roquette où s’élevait autrefois une prison
construite en 1836 destinée aux condamnés
à perpétuité et à mort. Lors des exécutions capitales, la guillotine était érigée devant le
portail de la prison, seul vestige parvenu
jusqu’à nous. De 1851 à 1899, plus de 200 personnes
furent exécutées à cet endroit.

Au n°136 rue de la Roquette, sur un mur
proche de l’abribus, on trouve une première
mosaïque, qui représente la guillotine. Nous
sommes à deux pas de la place Voltaire
(actuellement Léon-Blum), où la « veuve » fut
brûlée pendant la Commune. Dirigeons-nous
vers la Bastille par l’avenue Ledru-Rollin et
tournons à droite pour emprunter la rue de
Charonne. Une fois arrivés rue du faubourg
Saint-Antoine, traversons pour découvrir, à
l’entrée du passage du Chantier, le portrait de
Léo Fränkel, ouvrier bijoutier hongrois, blessé
le 25 mai 1871 sur une barricade du faubourg.

CLÉMENT FREDONNE ENCORE LE TEMPS DES CERISES

Direction la rive gauche ou plus exactement
rue de l’Ecole-de-Médecine. La Bretonne
Nathalie Le Mel, cofondatrice de l’Union des
femmes pour la défense de Paris, coiffée de
son bonnet de coton, nous attend près du club
populaire qu’elle fréquentait dans l’amphithéâtre
de la Faculté de médecine. En remontant le
boulevard Saint-Michel, tournons à gauche
pour prendre la rue Soufflot en direction du
Panthéon. A l’angle de la rue Saint-Jacques,
l’écrivain Jules Vallès nous jette un regard
triste et profond. Il est mort en 1885 non loin
d’ici, au 77, boulevard Saint-Michel.

Retraversons Paris du sud au nord, pour nous rendre place Blanche où se situait la barricade
des femmes, le 23 mai 1871.
Remontons la rue Lepic, sans nous laisser distraire
par le café des Deux moulins, où fut
tourné le célèbre film Amélie Poulain.
Traversons la rue Lepic et, à l’angle de la rue
Véron, on découvre la mosaïque représentant
Louise Michel. Après un demi-tour vers la place
Blanche, tournons à gauche pour parcourir le
boulevard de Clichy, puis celui de Rochechouart
jusqu’à la rue de Clignancourt, que nous
empruntons, suivie de la rue Ramey, pour aboutir
rue Nicolet. Au bout de cette voie étroite,
on découvre le portrait du jeune Rimbaud,
d’après la photo de Carjat, là où il a vécu
quelques semaines. Juste à côté, une « pelle
Starck » nous rappelle que Verlaine logea ici de
1870 à 1873, avec sa femme Mathilde Mauté.
Gravissons la Butte Montmartre, en empruntant
la très raide rue du Chevalier-de-la-Barre
(autrefois rue des Rosiers). Une fois arrivés derrière
l’affreuse meringue blanche du Sacré
coeur, je vous paie des guignes si vous trouvez
le portrait d’Eugène Varlin, ouvrier relieur, près
de l’endroit où il fut assassiné le 28 mai. Retour
à « la maison », au 46, rue des Cinq-Diamants,
siège de notre association, gardé par le valeureux
général Walery Wroblewski, défenseur de
la Butte-aux-Cailles pendant la Semaine sanglante.
A quelques pas, sur la place de la
Commune inaugurée le 19 avril 2000, Jean-
Baptiste Clément se cache pour fredonner Le
Temps des cerises dans sa moustache…

John Sutton


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