Les communards luxembourgeois

vendredi 1er mars 2013
par  Pierre

A la suite d’une conférence sur
Le rôle joué par les francs-maçons
pendant la Commune,
donnée au Grand Duché le 26
novembre 2012
, devant des francs-maçons et
des amis de la Commune de Paris luxembourgeois,
j’ai eu le privilège d’être guidé dans une
visite du Luxembourg communard par Henri
Wehenkel.
Cet historien, ami de la Commune, est, entre
autres, le directeur de la publication réalisée
lors de l’exposition Luxembourg-Paris-
Luxembourg 1871 (23 novembre 2001 - 24
mars 2002) dont il était le conseiller scientifique.
L’ouvrage m’a passionné et j’en recommande
la lecture à tous ceux qui souhaitent
participer à notre prochain voyage d’automne
au Luxembourg [1].

Il nous apprend que, sous le Second Empire,
Paris est la plus grande ville luxembourgeoise
du monde, qu’en 1870, les Luxembourgeois
sont très nombreux à s’engager dans la Garde
nationale et qu’en 1871, beaucoup participent
à la Commune, sont condamnés et déportés…
Il analyse aussi le développement du mouvement
ouvrier au Luxembourg dans les années
qui suivent la constitution de la première
Internationale en 1864 et celle de sa section
luxembourgeoise le 17 septembre 1871.
Dans cet ouvrage dans lequel notre président
d’honneur Claude Willard a rédigé un article sur
l’actualité de la Commune de Paris, Henri
Wehenkel en a consacré un à l’étude du monument
funéraire érigé à la mémoire de Martin et
de Sordet au cimetière de Pfaffenthal. C’est ce
monument, devenu au Luxembourg, depuis
1926, le symbole de la Commune de Paris et
l’objet de fréquentes manifestations politiques,
qu’il m’a notamment fait visiter.

« Le monument a été érigé hors de l’enceinte
du cimetière, en terre non bénite. Sa forme
triangulaire, pyramidale évoque les traditions
républicaines, laïques, voire franc-maçonnes.
[…] Depuis 1926 le monument des communards
a été au centre des commémorations politiques.
Il est rénové de façon périodique et ne
risque donc plus de tomber dans l’oubli. Ce qui
pose problème, c’est ce qui s’est passé avant
1926. » [2]

En effet, le monument, tombé dans l’oubli et
en très mauvais état de conservation, n’a été
retrouvé et restauré qu’en 1926. Rien de certain
n’établit que Martin et Sordet étaient des
communards, si ce n’est la tradition orale selon
laquelle ils l’étaient et s’étaient enfuis de Paris
après la Semaine sanglante.
Le Registre des étrangers qui ont déclaré
domicile dans la ville de Luxembourg (1867-
1872) mentionne toutefois l’arrivée de
François Sordet, 52 ans, tourneur en chaises,
marié, né à Alteroy, ainsi que celle de Jules
Louis (Audoynaud) considéré par la police
luxembourgeoise comme le chef de file de tous
les communards exilés. À noter que le Collège
des bourgmestres et échevins donne son
accord le 14 avril 1874 à une demande qui lui
a été adressée un mois auparavant en vue d’un
monument que les familles Sordet et Martin
veulent élever à leurs parents morts à
Luxembourg.

GEORGES BEISSON


[1Henri Wehhenkel (sous la direction de), Luxembourg - Paris -
Luxembourg 1871, Migrations au temps de la Commune,
Luxembourg, 2001, 176 p.

[2Op. cit., p. 122.


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