Lyon, ville ouvrière rebelle

vendredi 16 mars 2012

Le vieux LyonA Lyon, au début du XIXe Siècle, l’activité principale est l’industrie de la soie, avec ses ouvriers, les canuts qui vivent dans le faubourg de la Croix-Rousse sur la rive droite du Rhône. En 1831 et 1834, leurs révoltes contre des conditions inhumaines de travail ont été sauvagement réprimées. Sous le second Empire, le tissage de la soie est supplanté par les industries métallurgiques et chimiques dont les ouvriers habitent essentiellement dans les quartiers de la Guillotière et des Broteaux, sur l’autre rive du fleuve.

Révolte des canuts de Lyon, 1834 Depuis 1852, la ville de Lyon n’a plus de maire ni de conseil municipal. Elle est administrée par le préfet du Rhône et une commission municipale nommés par l’empereur. Cependant, l’influence républicaine est forte. Au Corps législatif, depuis 1852, le docteur Louis Hénon, républicain modéré fait partie des cinq « opposants officiels à l’Empire ».

Les élections législatives de 1869 marquent un glissement sensible vers la gauche de l’électorat populaire. Les radicaux, Raspail et Bancel, sont élus à la place des modérés Jules Favre et Louis Hénon. Lors de ces élections, en l’absence de candidats de l’Internationale, la classe ouvrière donne ses voix aux républicains radicaux opposés à l’Empire.

Pendant la première moitié du siècle, les ouvriers, pour défendre leurs intérêts, s’unissent dans des sociétés coopératives et mutualistes fortement influencées par Proudhon. En 1866, cent cinquante à deux cents ouvriers s’affilient à l’Internationale créée à Londres en 1864. L’année suivante, 22 groupes de quartiers rassemblent 500 adhérents.

En 1869, après les élections législatives, des grèves éclatent dans une vingtaine de corporations ouvrières contre les bas salaires et les longues journées de travail dans des ateliers insalubres. L’Internationale appuie ces luttes et aide à leur organisation. La lutte la plus emblématique est la grèves des ovalistes (ouvrières qui dévident les cocons de soie) durant l’été 1869. Le mouvement dure deux mois et est couronné de succès : les salaires sont augmentés et la journée de travail diminuée d’une heure. Les ovalistes sont 2 000 à adhérer collectivement à l’Internationale devenue une large fédération de chambres syndicales et corporatives, rassemblant des milliers d’adhérents.

Face à cette situation sociale, le pouvoir de Napoléon III engage des poursuites contre les dirigeants de l’Internationale, notamment son responsable lyonnais, Albert Richard.

Lors du plébiscite du 8 mai 1870, 37 769 Lyonnais votent NON. 20 256 électeurs s’abstiennent. Le OUI est très minoritaire avec seulement 22 256 suffrages.

Des manifestations ont lieu après la déclaration de guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870. La nouvelle de chaque défaite militaire augmente la nervosité des opposants à l’Empire qui demandent la constitution d’une garde nationale. Les 9, 10 et 11 août 1870 une foule de manifestants tient les rues du centre ville réclamant des armes et l’organisation de la garde nationale.

À la chute de l’Empire, les républicains progressistes sont en position favorable à Lyon.