Mairie du 10ème arrondissement : une plaque en l’honneur de l’Union des femmes

samedi 8 septembre 2012
par  Pierre

Le 11 avril 2012, soit 141 ans jour pour
jour après sa création et à l’endroit
même où elle avait son siège, dans l’ancienne
mairie qui a précédé le bâtiment actuel
construit en 1896, a été inaugurée une plaque
dans le hall de la mairie du Xe arrondissement, en
présence de M. Rémy Féraud, maire du Xe, des
élu-e-s du Xe et de Claudine Rey, présidente des
Amis de la Commune de Paris.
Dans le hall où étaient exposés trois panneaux
sur l’Union des femmes, M. le maire et Claudine
Rey prenaient la parole pour exprimer avec émotion
leur attachement à cette période, rendant
ainsi un vibrant hommage à cette Union.

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Inauguration de la plaque "Union des femmes"

La plaque a été dévoilée, accompagnée de
chants de la Commune, entonnés par le duo
Malène et Fanchon Préaux à l’accordéon, et repris
par l’assistance. Ces chants se poursuivront pendant
le verre de l’amitié, offert par M. le maire.
Mme Cordebard, première adjointe au maire, nous
permet l’accès à la salle des mariages pour admirer
la magnifique sculpture de Dalou.
Rappel en quelques mots de ce que fut l’Union
des femmes : c’est la première fois dans l’histoire du
féminisme qu’une organisation rassemblant un grand
nombre de femmes, dont beaucoup d’ouvrières, se
constitue et permet ainsi la participation des femmes
à la vie citoyenne. De ce lieu sont partis les appels à
organiser les femmes dans les quartiers.
Deux femmes parmi d’autres, Nathalie Le Mel,
ouvrière relieuse, et Elisabeth Dmitrieff, émigrée
russe, proposèrent notamment, l’égalité des
salaires hommes–femmes dont elles obtinrent
l’application pour les institutrices, les mesures
de réquisition des ateliers abandonnés par leurs
patrons au profit de leurs ouvrières (décret du 16
avril 1871), l’éducation pour les filles comme
pour les garçons, la laïcité dans les écoles et les
hôpitaux, l’organisation des chambres syndicales
pour les femmes, la reconnaissance de l’union
libre, l’obtention d’une pension pour les veuves
de fédérés mariées ou non.
Elles réclamèrent le droit au divorce, luttèrent
contre la prostitution et entraînèrent les femmes
à soutenir la Commune jusque sur les barricades.
Dans l’affiche « Appel aux citoyennes de Paris »,
elles déclarent entre autres : «  Nos ennemis ce
sont les privilégiés de l’ordre social actuel, tous
ceux qui ont vécu de nos sueurs, qui toujours se
sont engraissés de nos misères…Nous voulons
le travail pour en garder le profit, plus d’exploiteurs,
plus de maîtres.
 »
En mai 1871, cinquante-deux femmes, défendant
la Commune, périssent sur une barricade à
quelques pas de la mairie du Xe.
En permettant aux femmes de prendre toute
leur place dans le combat social et politique de
la Commune, cette association a été au service
de la construction d’une véritable démocratie.

LA COMMISSION PATRIMOINE


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