LOUISE MICHEL (1830-1905)*

Gérald Dittmar le remarque lui-même dès la première phrase de sa préface : « Beaucoup de livres ont été consacrés à Louise Michel ». Un ouvrage de plus, donc. Mais dès les premières pages, avec cette impression étonnante, à la suite de Dittmar et de Louise, de galoper de l'école de la rue Oudot aux funérailles de Victor Noir, de l'Hôtel-de-Ville au Comité de vigilance de Montmartre, du Club de la Révolution à Meudon, des Mouïmeaux au Fort d'Issy, de Montrouge à... Prisons, procès, rapidité des évocations : cette impression d'actualité persiste. Puis c'est l'exil ; infatigable, Louise enseigne, coud, écrit, soutient.

Retour à Paris en 1880. Elle a 50 ans. Elle est admirée, respectée. Inlassable. Les cycles de conférences, les réunions, les manifestations se succèdent. Les procès et les incarcérations aussi. Il en sera ainsi jusqu'à la fin, toujours avec la même détermination, le même courage, sans jamais déroger, idéaliste et humaine, inflexible, irréprochable. Certes, un livre de plus. Mais un livre nécessaire. Davantage documentaire que biographie traditionnelle, largement nourri des propres écrits de Louise, de témoignages de Communeux, d'extraits de la presse de la Commune, cet ouvrage s'accompagne d'une imposante iconographie : 74 clichés dont beaucoup de photographies. En annexes, 25 pages d'extraits du Journal officiel de la Commune, de témoignages. 37 présentations biographiques très complètes ; et une chronologie sociale, politique, historique, s'étend sur les 3/4 de siècle de la vie de Louise. Quatre parties, donc, constituent l'ouvrage. Si bien que le lecteur, et ce n'est pas le moindre mérite de cet ensemble, est conduit à un constant va-et-vient de l'image au texte, de la date à la référence, du portrait au procès, du poème à la proclamation, l'un renvoyant à l'autre. Des interruptions, des retours en arrière, dans un maillage serré de citations, de réflexions, de détails et d'événements majeurs. Dans cette manière de vaste guide de la Commune de Paris, à chacun d'élaborer son parcours, d'établir son information pour soi-même, de rencontres en récits, d'arrestations en expulsions, de prises de position en campagnes de presse. La consultation s'organise et s'inverse, se relit, se feuillette, se retrouve, se perd, se rattrape, s'affermit. Pour à la fin nous restituer, sensible et actuelle, admirable et terrible, la figure de Louise, notre prochaine.

Marie-Berthe Sahores

*Gérald Dittmar,

Louise Michel (1830-1905), Paris,

Editions Dittmar, 2004,30 Euros.

En vente aux Amis de la Commune.

LE DÉSHONNEUR DE VALÉRY GISCARD D'ESTAING*

Mes aïeux ! Quelle déculottée ! Gilles Perrault, fidèle et ponctuel ami de la Commune, n'y va pas de main morte. C'est à propos de l'ancien Président de la République qui refusa la grâce de Christian Ranucci et qui, récemment, déclara qu'il ne le regrettait pas. Pourquoi parler de ce livre ? Tout d'abord, en ce qui concerne la peine de mort.

Rappelons que, le 6 avril 1871, le 137e bataillon de la Garde nationale va chercher les deux guillotines entreposées rue de la Folie-Régnault et les traîne devant la statue de Voltaire où elles seront brûlées devant une foule immense aux cris de : « A bas la peine de mort ! » Ce livre-pamphlet est réconfortant car il démasque, tout au long de l'ouvrage, l'imposture du personnage que l'on supporta avec peine durant sept ans (il y en a d'autres aussi, hélas !) Et puis ce livre est dédié à Pierre Ysmal. Un hommage auquel il aurait été sensible.

Merci pour lui, ami Perrault.

R.G.

* G. Perrault, Le déshonneur de Valéry Giscard d'Estaing, Ed. Fayard. Prix : 10 Euros