La Commune de Paris

mardi 16 octobre 2012 

 

La Commune de Paris : chronologie  (1)

1870 : la guerre, le siège de Paris et le début du mouvement révolutionnaire

  • - 19 juillet : Déclaration de guerre de la France à la Prusse.

 

  • - 2 septembre : Défaite de Sedan. Capitulation de l’armée de Mac Mahon à Sedan. Napoléon III est prisonnier. 
    - 4 septembre : Le Palais-Bourbon est envahi par les manifestants. 
    Proclamation de la République à l’Hôtel de Ville de Paris. Formation du gouvernement de la Défense nationale présidé par le général Trochu. 
    - 5 septembre : Formation du Comité central des vingt arrondissements issu des comités de vigilance formés dans les arrondissements. 
    - 15 septembre : La 1re affiche rouge, signée par les membres du comité central des vingt arrondissements réclame la guerre à outrance et la levée en masse dans les départements. Échec des négociations Bismarck-Jules Favre à Ferrières. 
    - 19/20 septembre : Blocus de Paris. La capitale est encerclée par 180 000 Prussiens. 
    - 28 septembre : Capitulation de Strasbourg.

 

  • - 7 octobre : Départ de Gambetta en ballon : il gagne Tours où se trouve la Délégation du gouvernement et commence à organiser des armées de secours pour Paris. 
    - 27 octobre : Le maréchal Bazaine capitule à Metz. 
    - 28/30 octobre : Echec de la tentative de sortie du Bourget. 
    - 31 octobre : Journée insurrectionnelle à Paris. Flourens et ses tirailleurs de Belleville prennent l’Hôtel de Ville, perdu dans la soirée.

 

  • - 1 er novembre : Arrestations parmi les insurgés, malgré les promesses faites. 
  • - 3 novembre : Un plébiscite confirme à Paris les pouvoirs du gouvernement de la Défense nationale. 
  • - 5/7 novembre : Élection des municipalités d’arrondissement.

 

  • -  2/3 décembre : Dislocation de la 1re armée de la Loire à Patay et Artenay. Orléans est repris par les Allemands. 
    -  3 décembre : Échec de la tentative de sortie de Champigny. 
    - 21/22 décembre : Échec de la seconde tentative de sortie du Bourget.

1871 : la fin de la guerre et la Commune

  • - 5 janvier : Début du bombardement de Paris par les Prussiens. 
    - 6 janvier : La 2e affiche rouge du Comité central des vingt arrondissements appelle à la lutte à outrance et à la formation de la Commune. 
    - 3/17 janvier : Défaites des armées de Gambetta dans le Nord, sur la Loire et dans l’Est. 
    - 18 janvier : Guillaume II, roi de Prusse est proclamé empereur d’Allemagne à Versailles, dans la galerie des glaces du château. 
    - 19 janvier : Échec de la tentative de sortie de Buzenval et de Montretout. Défaite de l’Armée du Nord à Saint-Quentin. 
    - 21 janvier : Des gardes nationaux libèrent Flourens, détenu à Mazas, et d’autres détenus arrêtés après le 31 octobre 1870. Flourens est réinstallé à la mairie de Belleville. 
    - 22 janvier : Échec d’une tentative insurrectionnelle place de l’Hôtel de Ville. Une fusillade fait cinq morts parmi les manifestants. Le général Vinay dirige la répression. 
    - 28 janvier : Signature de l’armistice. 
    - 29 janvier : Défaite de l’Armée de l’Est dont les débris passent en Suisse.

 

  • - 8 février : Élection de l’Assemblée nationale : 36 des 43 députés de la Seine sont des républicains hostiles à la capitulation. 
    - 15 février : Constitution provisoire de la Fédération de la Garde nationale. 
    - 17 février : À Bordeaux où s’est réunie l’Assemblée nationale, Adolphe Thiers est désigné comme chef du pouvoir exécutif. 
    - 24/26 février : Manifestations des gardes nationaux à la Bastille. 
    - 26 février : Signature à Versailles des préliminaires de paix qui prévoient la perte de l’Alsace-Lorraine.

 

  • - 1er mars : Les préliminaires de paix sont ratifiés par l’Assemblée nationale réunie à Bordeaux par 546 voix contre 107. 
    - 1er/3 mars : Les Allemands entrent à Paris et occupent les Champs-Élysées. 
    - 3 mars : Le général d’Aurelle de Paladines - accusé par les Républicains d’être responsable de la défaite de la 1re armée de la Loire  est nommé commandant de la Garde nationale. 
    - 7 mars : Retour au fonctionnement antérieur du Mont-de-Piété. 
    - 10 mars : Abrogation du moratoire des loyers et des effets de commerce. La solde des gardes nationaux est supprimée. L’Assemblée décide de siéger non à Paris mais à Versailles. 
    - 11 mars : Le général Vinoy qui commande les troupes de Paris interdit plusieurs journaux républicains. 
    - 10/15 mars : Constitution du Comité central de la Garde nationale. 
    - 17 mars : Un conseil des ministres présidé par Thiers au Quai d’Orsay décide de faire enlever les canons qui sont à Montmartre et de faire ensuite arrêter les principaux meneurs révolutionnaires. 
    - 18 mars : Début de l’insurrection communaliste. Échec de l’enlèvement des canons à Montmartre et Belleville. La troupe fraternise avec les insurgés. Les généraux Lecomte et Clément Thomas sont fusillés. Les autorités évacuent Paris et le Comité central de la Garde nationale s’installe à l’Hôtel de Ville. 
    - 19 mars : Proclamation de la Fédération de la Garde nationale. Le Comité central de la Garde nationale annonce des élections communales. 
    - 19/24 mars : Échec des négociations entre les maires d’arrondissement et députés de Paris, d’une part, et Comité central de la Garde nationale, d’autre part, pour éviter la guerre civile. Les maires de Paris sont accueillis par des huées à l’Assemblée nationale. 
    - 22 mars/4 avril : Mouvements communalistes en province : à Lyon (22-25 mars), à Marseille (23 mars-4 avril), à Narbonne (24 mars), à Toulouse (24-27 mars), à Saint-Étienne (24-28 mars), au Creusot (26 mars). 
    - 26 mars : Élections de la Commune de Paris. 
    - 27 mars : Installation de la Commune de Paris. 
    - 28 mars : Proclamation, à l’Hôtel de Ville, de la Commune de Paris. 
    - 29 mars : La Commune nomme dix commissions. Abolition de la conscription et des armées permanentes. Remise des trois derniers termes de loyers et suspension des ventes au Mont-de-Piété.

 

  • - 2 avril : Séparation de l’Église et de l’État. Offensive surprise des Versaillais sur Courbevoie. 
    - 3/4 avril : Échec des tentatives de sortie des fédérés sur Rueil, Bougival et Châtillon. Flourens et Duval, faits prisonniers, sont fusillés sans jugement. 
    - 6 avril : En riposte à cette exécution, la Commune vote le décret des otages. Mac Mahon est nommé commandant en chef de l’armée de Versailles. 
    - 11 avril : Début des opérations menées par l’armée de Versailles. Constitution de l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. 
    - 12 avril : Décret sur les échéances : toutes les poursuites sont suspendues. 
    - 16 avril : Décret sur la réquisition des ateliers abandonnés. 
    - 17 avril : Moratoire des effets de commerce. 
    - 19 avril : Vote par la Commune de la Déclaration au peuple français. 
    - 24 avril : Réquisition des logements vacants. 
    - 27 avril : Décret interdisant dans les ateliers le système des amendes et des retenues sur salaires. 
    - 28 avril : Publication de l’Appel au peuple de campagnes. Interdiction du travail de nuit dans les boulangeries. Formation d’une commission pour organiser l’enseignement laïc, primaire et professionnel. 
    - 30 avril : Démission de Cluseret, délégué à la Guerre, remplacé par le colonel Louis Rossel.

 

  • - 1er mai : Création par la Commune d’un Comité de salut public. 
    - 7 mai : Dégagements gratuits des objets déposés au Mont-de-Piété et d’une valeur inférieure à 20,00 F. 
    - 9 mai : Prise du fort d’Issy par les Versaillais. 
    - 10 mai : Démission de Rossel, remplacé le lendemain par Delescluze. 
    - 15 mai : Appel de la Commune aux grandes villes de France. Sécession de la minorité de la Commune qui refuse les dérives autoritaires du comité de salut public. 
    - 16 mai : La colonne Vendôme est abattue. 
    - 19 mai : Décret de laïcisation de l’enseignement 
    - 21 mai : Les troupes de Versailles entrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Delescluze lance un appel à la Résistance. 
    - 21/28 mai : La Semaine sanglante : des milliers de communards sont exécutés sans jugement. Massacres et incendies. Les otages sont exécutés. Dernières barricades dans l’est de Paris. 
    - 29 mai : Reddition du fort de Vincennes qui était aux mains des communards mais qui n’avait pas participé à la guerre civile. Plusieurs officiers sont fusillés.

 

  • - Juin : Mise en place des conseils de guerre.

 

  • - 28 novembre : Exécution de Rossel, de Ferré et du sergent Bourgeois du 45e de ligne au camp de Satory.

 

1872

  • - 14 mars : Dissolution générale des gardes nationales. Loi Dufaure interdisant l’affiliation à l’Internationale.
  • - 3 mai : Départ du premier convoi de déportés pour la Nouvelle-Calédonie.
  • - 29 septembre : Arrivée à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) du 1 er convoi de déportés.

 

1875

  • -  30 janvier : L’amendement Wallon, voté à une voix de majorité permet l’instauration de la République.

 

1876

  • - Février et mars : Les élections donnent une forte majorité aux républicains à l’Assemblée nationale.

 

1879 et 1880 : l’amnistie et le début de la célébration

  • - 3 mars 1879 : Vote d’une loi d’amnistie partielle.
  • - 23 mai 1880 : 1re commémoration de la Commune au mur des fédérés.
  • - 11 juillet 1880 : Vote de la loi d’amnistie pleine et entière.

(1) Chronologie d’après celle établie par Claude Latta dans « La Commune de 1871 – L’événement, les hommes 
et la mémoire » ; actes du colloque de Précieux et Montbrisson les 15 et16 mars 2003, sous la présidence de Michelle Perrot et Jacques Rougeries. Publication de l’Université de Saint-Etienne, 2004.

Chronologie des événements en province

lundi 15 octobre 2012 

Chronologie des événements provinciaux(1)

Nous proposons des jalons pour une chronologie de ce qui s’est passé en province depuis la proclamation de la République jusqu’au lendemain de la Semaine sanglante. Nous ne retenons que les événements qui ont quelque ressemblance avec la pré-Commune et la Commune elle-même. Il est bien évident qu’on ne saurait avoir la prétention d’être complet. Mais notre but est d’aider nos amis de province à découvrir ce qui dans l’histoire locale concerne de près ou de loin la Commune. Cet essai n’a rien d’original, nous utilisons les travaux de Maurice Moissonnier, de Jacques Girault, de M. Boivin, d’A. Olivesi, de Jeanne Gaillard, de l’équipe qui a travaillé sur la région grenobloise. Et surtout, avec son autorisation (nous l’en remercions), nous exploitons une chronologie établie par Jacques Rougerie sur la base des travaux de ses étudiants (Patricia Nouchimowitz, Chantal Giovanetti, Jeannine Martin-Krick, Claude Orio (bulletins 3 et 4 de l’Institut d’histoire économique et sociale de l’université de Paris 1).

Août 1870

8. Manifestation au Creusot. 
7-9. Marseille, des milliers de manifestants avec Gaston Crémieux, Rouvier, Naquet s’emparent de l’hôtel de ville. 
13. Lyon, le notaire Lentillon proclame la déchéance de l’Empire. Emeute écrasée. 
23-24 Manifestation à Arquian (Nièvre].

Septembre 1870

4. A Lyon, à Marseille, la République est proclamée, avec installation de comités de salut public. Le drapeau rouge apparaît à Foix, Varilhes, Pamiers (Ariège), à Nantes, à Rennes, à Avignon. A Grenoble, la foule oblige le maire à démissionner. 
5. Marseille arbore le drapeau rouge, création d’une commission départementale et d’une garde civile. 
A Grenoble, expulsion du conseil municipal. 
A Bordeaux, formation d’une commission municipale provisoire. 
6. A Grenoble, création d’une commission municipale provisoire. 
A Lyon, arrivée de Challemel-Lacour. 
7. A Marseille, arrivée d’Esquiros. 
13. Bakounine quitte Locarno pour Lyon. 
15. Lyon, élections municipales. Le Comité de salut public se transforme en un Comité central fédératif qui demeure auprès du conseil municipal élu. 
18. Marseille, formation de la Ligue du Midi pour la défense de la République. 
20. A Saint-Étienne, les Internationaux forment un comité central républicain. 
22-24. A Rouen, formation par les Internationaux d’un comité de vigilance. 
24. A Nîmes, réunion des délégués départementaux de la Ligue du Midi. 
28. Emeute à Lyon, dispersée par la Garde nationale.

Octobre 1870

1-3. A Marseille, constitution définitive de la Ligue du Midi. 
7. Garibaldi acclamé à Marseille. 
16. A Marseille, Esquiros est révoqué par Gambetta. 
17-19 Marseille, manifestation en faveur d’Esquiros et contre Dufraisse, désigné par la délégation de Tours. 
Lille, manifestation organisée par un comité républicain socialiste. 
25. A Toulouse, déclaration de principes de la Ligue du Sud-Ouest. 
27. Bazaine capitule à Metz. 
29. A Lyon, formation d’une commission départementale. 
A Grenoble, manifestation contre le commandant militaire Du Barral. 
30. A Grenoble, manifestation à la nouvelle de la capitulation de Metz. 
31. Manifestations à Nîmes, Toulouse, Grenoble, Saint-Etienne.

Novembre 1870

1. Réunion publique à Rouen. 
A Marseille, à l’appel de Cluseret, Bastelica, proclamation de la Commune. 
2. Marseille, heurts entre gardes civiques et gardes nationaux. Arrivée de Gent, commissaire extraordinaire de Gambetta. 
3. Toulouse, le préfet Duportal, ancien déporté de 1848, révoque tous les magistrats qui ont, pendant l’Empire, siégé dans les « commissions mixtes  » . 
3-4. Lyon, échec d’une insurrection conduite par le Comité central fédératif. 
6. Bordeaux, projet de proclamation d’une Commune. 
Lyon. Challemel-Lacour dissout le Comité central fédératif et arrête 32 de ses membres. Challemel-Lacour sera ministre de Jules Ferry et président du Sénat. 
7. A Marseille, les gardes civiques, chassés de la préfecture, sont fondus dans la Garde nationale. 
13. Marseille, élections municipales (les révolutionnaires sont battus).

Décembre 1870

5. Rouen, échec d’une tentative insurrectionnelle pour s’emparer de l’hôtel de ville. 
6. Bordeaux, mutineries dans la Garde nationale. 
10. À Lyon, dissolution des Chantiers nationaux. 
19. Nuits-Saint-Georges, les deux légions de volontaires lyonnais sont écrasées. 
20. Lyon, émeute. 
23. Agitation à Saint-Étienne. 
25-31. Tumultes à Lyon. 
28. Dissolution officielle de la Ligue du Midi.

Janvier 1871

1. Bordeaux, manifestation de la Garde nationale. 
Limoges, début de la grève des ouvriers porcelainiers. 
9. Marseille, Esquiros quitte la ville. 
28. Conclusion de l’armistice. 
29. Bordeaux, manifestation contre l’armistice. 
Marseille, le préfet des Bouches-du-Rhône écrit à Jules Favre : « Je n’obéis pas au capitule de Bismarck  ». 
30. Lyon, démission du préfet du Rhône Challemel-Lacour. 
31. Gent, préfet des Bouches-du-Rhône, refuse de publier le décret annonçant les élections législatives.

Février 1871

3. Lyon, désordres. 
6. Bordeaux, démission de Gambetta. 
Marseille, démission de Gent. 
8. Elections à l’Assemblée nationale. 
11. Le Comité central républicain des vingt arrondissements de Paris décide l’envoi de délégués en province, parmi lesquels Albert Leblanc, membre de l’Internationale. 
12. Réunion de l’Assemblée nationale à Bordeaux. 
17. Thiers désigné comme chef du pouvoir exécutif de la République française. 
21. Agitation à Saint-Étienne. 
26. Préliminaires de paix conclus à Versailles. 
Agitation à Saint-Étienne.

Mars 1871

3. Lyon, en signe de deuil, pour trois jours, le drapeau noir remplace le drapeau rouge sur la mairie. 
8-9. Grève à Roubaix. 
10. Le drapeau rouge est planté à La Charité-sur-Loire. 
12. A Epinac, les mineurs arborent un drapeau tricolore sur un arbre de la liberté. 
13. A Epinac, les mineurs en grève. 
22. Mouvement insurrectionnel à Marseille. 
23. Proclamation de la Commune à Lyon et à Marseille. 
24. Manifestation à Nîmes. 
Proclamation de la Commune à Narbonne. 
A Toulouse, les officiers de la Garde nationale se prononcent pour la Commune. Mais l’ordre est rétabli rapidement. 
25. A Saint-Etienne, l’hôtel de ville est envahi. 
Manifestations à Tarbes et Chalon. 
26. A Auch, manifestation. 
A Saint-Etienne, le préfet, M. de l’Espée, est tué. 
Proclamation de la Commune au Creusot. 
27. Commune de Perpignan. 
Des troupes venues de Lyon arrivent à Saint-Etienne. 
Landeck et May, délégués du comité central de la Garde nationale, arrivent à Marseille accompagnés d’Amouroux, membre de la Commune. 
28. A Saint-Etienne, les insurgés doivent quitter l’hôtel de ville et un hobereau local, Vital de La Rochetaillée, enlève le drapeau rouge. 
L’ordre est rétabli au Creusot. 
30. La Garde nationale de Marseille reste neutre dans le conflit armé. 
31. L’armée donne l’assaut à la Commune de Narbonne. 
Crémieux dissout le conseil municipal de Marseille et convoque les électeurs.

Avril 1871

3. « La Tribune de Bordeaux » lance l’idée d’un congrès des villes républicaines. 
4. Troubles à Limoges. Le général Espivent de Villeboisnet donne l’assaut à la Commune de Marseille. 
5. Au Havre, le club Bernardin-de-Saint-Pierre se prononce pour la Commune. 
Manifestation à Vierzon. 
9. Manifestation de chômeurs à Laval. Manifestation d’ouvriers à Auxerre. 
10. Montereau, émeute en faveur de la Commune. 
Mouvement insurrectionnel à La Charité-sur-Loire. 
11. Manifestation à Boulogne-sur-Mer, à Compiègne, à Annonay (Ardè¬che). 
11-13 Périgueux, manifestations. Les gardes nationaux et les cheminots résistent pendant deux jours aux forces de l’ordre. 
12-15. Nouvelles manifestations à Boulogne. 
14. Rouen, Internationaux et radicaux décident d’aller soutenir la Commune les armes à la main. 
15. Manifestation à Auxerre. 
15-18. Mouvement insurrectionnel à Cosne (Nièvre) et à Saint-Amand (Cher). 
16. Manifestations à Pouilly, Castres, Annecy, Grenoble. 
17. Manifestation à Bordeaux. 
Tentative de Commune à Voiron, Tullins, Saint-Marcellin. 
18-19. Le drapeau rouge est aboré à Neuvy (Nièvre). 
19. Déclaration de la Commune au peuple français. (voir l’affiche)
Manifestations plus ou moins importantes à Bayonne, Fleury-sur-Loire, Arquian, Saint-Amand-en-Puisaye, Clamecy, Gien. 
21. Grève et manifestation à Moreuil (Somme). Intervention des troupes prussiennes. 
Tulle arbore le drapeau rouge. 
25. Manifestations à Montlucon et à La Palisse .. 
La ville de Bordeaux lance des invitations pour un congrès des municipalités. 
27. Castres, échec d’une manifestation. 
28. Manifestation au Havre. 
La Commune de Paris lance sa proclamation «  Au peuple des campagnes  ». 
30. Premier tour des élections municipales. 
Manifestations à Sarlat, Agen, Vallières (Creuse), Nice, Carpentras, Maurs (Cantal), Reims. 
Tentative d’insurrection au faubourg de la Guillotière, à Lyon. 
Thiers (Puy-de-Dôme), occupation de l’hôtel de ville.

Mai 1871

1. Un drapeau rouge flotte au fronton du théâtre de Montargis. 
3. Opposition au départ des trains de canons pour Versailles à Foix et à Varilhes (Ariège). 
7-8. Mouvement insurrectionnel à Montereau. 
8-9. Drapeau rouge à Vierzon. 
12-15. Des envoyés de la Commune de Paris essayent de soulever la Nièvre. 
14. A Lille, manifestation anti-versaillaise de soldats du 75e de ligne. 
14. Lyon, congrès « privé » des conseillers municipaux de la vallée du Rhône. 
17-24. Anzin, grève des mineurs. 
17. Emeute paysanne à Parthenay (Deux-Sèvres). 
17-18. Moulins, congrès des journalistes radicaux. 
19. Sablé (Sarthe), troubles sur le marché. 
20. Les délégués du congrès de Lyon sont reçus à Versailles et à Paris. 
21. Saint-Pierre-des-Corps, agitation parmi les troupes que l’on envoie sur Paris. 
22. A Blois, manifestations de ces mêmes troupes. 
A Tours, tentatives pour empêcher les soldats d’aller à Versailles. 
Troubles à Romans, à Albi. 
22-30. Troubles à Pamiers. Ils du¬rent pendant neuf jours. Il faut l’intervention de la troupe. 
24. Nouvelle émeute paysanne à Parthenay. 
Manifestation à Vienne. Troubles à Voiron.

En dehors des lieux cités dans la chronologie qui précède, voici, classées par département, les agglomérations où on enregistre des témoignages de sympathie pour la Commune :

Allier : Montluçon ; Alpes-de-Provence : Digne, Manosque, Oraison, Riez, Valensole ; Ardennes : Nouzon ; Ariège : Lavelanet ; Aude : Carcassonne ; Bouches-du-Rhône : Aix ; Calvados : Bayeux ; Charentes-Maritimes : Rochefort ; Cher : Bourges, Néronde ; Corrèze : Ussel ; Creuse : Aubusson, Bourganeuf ; Doubs : Besancon Montbéliard ; Ille-et-Vilaine : Renne ; Indre : Issoudun ; Isère : Voiron ; Haute-Loire : Le Puy ; Loiret : Dordives, Gien, Nogent-sur-Vernisson ; Mayenne : Laval ; Meurthe-et-Moselle : Nancy ; Morbihan : Hennebont ; Nièvre : Fourchambault, Guérigny ; Nord : Saint-Soupplets, Templeuve, Valencienne ; Oise : Creil, Senlis ; Orne : Argentan ; Pas-de-Calais : Calais, Montreuil ; Pyrénées-Atlantiques : Pau ; Hautes-Pyrénées : Tarbes ; Pyrénées-Orientales : Céret ; Saône-et-Loire : Cluny, Mâcon ; Sarthe : Pontvallain ; Seine-et-Marne : 
Château-Landon, Coulommiers, Nemours, Souppes ; Somme : Amiens ; Tarn : Mazamée ; Var : Brignoles, Cuers, Draguignan, Le Lude ; Vaucluse : Avignon, Pernes, Saint-Didier ; Sarrians, Veilleron ; Yonne : Tonnerre, Dixmont.

Evidemment les témoignages en faveur de la Commune ont des dimensions bien différentes. Dans quelques villes, il y a eu des Communes. Ailleurs il s’agit de manifestations ou d’attroupements. Ici on arbore le drapeau rouge. Là on s’efforce d’empêcher les soldats de partir pour Versailles. Dans certaines agglomérations à dominance ouvrière, les revendications se mêlent à la solidarité en faveur des Communards de Paris. Quoi qu’il en soit, la Commune a été moins isolée qu’on ne le dit. Nous avons cité bien des noms de lieux. Nous souhaitons pouvoir la compléter grâce aux recherches de nos lecteurs. Les manifestations en province ne sont pas seulement des manifestations de solidarité envers Paris. Elles ont leur caractère propre. On a pu parler avec raison d’un communalisme provincial. Il est marqué par une profonde tradition républicaine (souvent plus républicaine que socialiste). Ce n’est pas par hasard que réapparaissent dans cette chronologie des départements dont en 1851 les habitants (paysans, artisans, petits bourgeois) s’étaient fait remarquer par leur hostilité au coup d’Etat. 
Toutefois, il ne convient pas de s’en tenir à la filiation républicaine. On constate aussi que, comme l’a écrit Maurice Moissonnier, « les Mouvements les plus importants ont bien lieu là où l’Internationale bénéficie d’une implantation réelle et là où l’action gréviste des années 1869-1870 a laissé des traces en aguerrissant et en éduquant les travailleurs ».

Jean Bruhat


(1) Article de Jean Bruhat paru dans La Commune, revue d’histoire de l’association des Amis de la Commune de Paris 1871, n°6, mars 1977.