ÉDITORIAL octobre 2019

 La Commune dans la mémoire collective : un exemple et une expérience

 

18 mars 1871

 

Chaque année, la Commune rajeunit. Plus le temps passe et plus son message devient actuel.

Comment se fait-il qu’un événement qui s’est déroulé il y a près de 150 ans suscite autant d’intérêt aujourd’hui auprès d’un grand nombre de citoyens de ce pays, et d’hommes et de femmes du monde entier ?

En fait, la situation qui prévalait en France à la veille de la Commune présente beaucoup d’analogies avec celle que nous connaissons aujourd’hui. Certes, les formes de domination ont changé. Mais les oligarchies financières continuent à dominer, à exploiter le monde du travail. Elles ont même étendu leur exploitation au niveau planétaire.

On ne trouvera pas dans l’étude de la Commune des réponses toutes faites aux questions qui se posent aujourd’hui. Elle reste cependant en prise avec notre quotidien, dans la mesure où elle a su trouver des réponses aux problèmes qui lui étaient posés, et cela dans la diversité de ses composantes dont elle a su faire une richesse. C’est en s’inspirant de cet exemple que les forces démocratiques et progressistes d’aujourd’hui pourront trouver les réponses aux graves problèmes qui étreignent la société, en ne perdant pas de vue que rien de durable ne se fait sans la volonté populaire et encore moins contre elle.

La Commune va, soixante-douze jours durant, inventer un autre monde avec l’instauration du contrôle des élus et leur possible révocation, l’instauration de l’instruction gratuite, obligatoire et laïque pour les garçons comme pour les filles, la séparation de l’Église et de l’État, la reconnaissance de la citoyenneté pour les étrangers, l’égalité salariale homme-femme, la réquisition des entreprises et logements abandonnés, créant ainsi les prémices de l’autogestion… Par-dessus tout, la Commune de Paris établit la souveraineté populaire, une notion bien française qui bouscule toujours les régimes et dont on voit aujourd’hui qu’elle effraie ceux qui marient le pouvoir et les finances.

Cette mémoire est entretenue par notre association. Nous ne pouvons oublier ces femmes et ces hommes qui du haut de leurs barricades crièrent à leurs assassins : « Nous sommes ici pour l’Humanité ».

JOEL RAGONNEAU