dimanche 6 mars 2016

Éditorial

Belleville-Commune de Paris 1871

Notre société va mal. Égalité, citoyenneté, solidarité semblent aux abonnés absents. Le ressentiment creuse son sillon, plus que la colère et, hélas, davantage que l’espérance. Sans doute l’angoisse ou la peur se nourrissent-elles de ce que, pour beaucoup, l’avenir est aujourd’hui trop incertain.

L’avenir se construit, on ne le retrouvera pas dans la répétition du passé. Mais ce passé reste un gisement de rêves, d’expériences, de réussites comme d’échecs. Il est un mausolée de valeurs qui, elles, défient l’usure du temps.

Il se trouve qu’en France, il y a tout juste cent quarante-cinq ans, le peuple de Paris a tenté de suivre ses rêves et de ne pas s’abîmer dans la plainte et le malheur. Pendant soixante-douze courtes journées, femmes et hommes de Paris, français et étrangers, militants engagés ou simples citoyens ont partagé leur destin, ont voulu que la trilogie républicaine de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ne soit pas du seul registre des mots. Ils ont parlé, décidé, agi, combattu. Ils ont été châtiés. On a fustigé leur utopie. Et pourtant le réalisme était de leur côté, quand ils décidaient de ne pas se résigner à l’ordre-désordre existant.

Pour défier l’incertitude, calmer le ressentiment et retrouver le goût d’être ensemble, la symbolique de la Commune de Paris reste un incroyable stimulant. Son expérience n’appartient à personne en particulier, parti, mouvement ou courant d’idées ; mais elle gagnerait à devenir plus encore la propriété de tous.

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Vers une station de métro qui rend hommage à la Commune

L’an dernier, plusieurs dizaines de personnalités ont demandé qu’une station de métro porte le nom de « Commune de Paris 1871 ».
Des individus, des élus et des organisations les ont soutenues. En décembre dernier, le Conseil de Paris a pris le relais en demandant que la station Belleville devienne « Belleville-Commune de Paris 1871  ». Partie prenante de l’appel, notre association ne peut bien sûr que se réjouir de ce puissant mouvement.

Nous suggérons qu’il pousse vers un peu plus loin encore. En 1880, les communardes et communards ont été amnistiés. Mais l’effacement de la peine n’était pas celle de la faute supposée. L’amnistie était l’oubli, pas la réhabilitation.

Libres, mais coupables… Dans ces temps troublés, quel signe enthousiasmant ce serait, si les autorités de la République décidaient de décréter officiellement que la Commune n’était pas coupable et que ses partisans ne méritaient ni la mort, ni la prison, ni le bagne, ni l’exil.

Dire officiellement que la Commune, sociale, patriote, féministe, internationaliste, est partie intégrante du patrimoine national ; ce serait un beau trait de lumière, dans un moment bien sombre.

ROGER MARTELLI


Le bulletin trimestriel


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