9 DÉCEMBRE 2015
LA JOURNÉE ÉDOUARD VAILLANT

dimanche 6 mars 2016


Près de deux cents personnes avaient pris place dans l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris pour la journée consacrée à Édouard Vaillant, organisée par les Amies et Amis de la Commune de Paris, le Maitron et la Fondation Jean-Jaurès.

Dix intervenants se sont succédé pour évoquer le parcours d’Édouard Vaillant de la Commune de Paris à l’Internationale. Il serait trop long de donner ici un compte rendu détaillé des dix contributions, dont il faut espérer qu’elles feront l’objet d’une publication ultérieure.

Placée sous la présidence de Michèle Perrot, la séance du matin est présentée par Jean-Louis Robert, pour les Ami-e-s et par Claude Pennetier pour le Maitron. La journée s’ouvre sur une note inattendue, avec Élisabeth Badinter, arrière-petite-fille de Vaillant (mais née 30 ans après sa mort). Au risque de décevoir les auditeurs, elle n’a aucun souvenir familial à livrer, car Vaillant, s’il est une icône familiale, n’a pas eu de postérité politique dans sa famille. Un défaut de transmission, dit-elle, les papiers de son ancêtre ayant été détruits, et sa bibliothèque dispersée.

Puis, successivement, Claude Pennetier, Laure Godineau, Jean-Louis Robert, Michel Pigenet, évoquent les différentes facettes de la personnalité et de l’œuvre de Vaillant : sa place au sein du mouvement socialiste français, sa relation avec le socialisme allemand, son action comme « ministre » de l’instruction et de la culture de la Commune, son implantation dans sa région d’origine, le Berry, avant de se fixer à Paris.

Au cours de la séance de l’après-midi, sous la présidence de Marc Lagana, les interventions de Marcel Turbiaux, de Gilles Candar, de Jean-Numa Ducange et de Vincent Chambarlhac éclairent d’abord l’action sociale de Vaillant, puis son rôle central dans la naissance du Parti socialiste SFIO comme dans la construction de la IIe Internationale, pour terminer sur son ralliement controversé à l’Union sacrée en 1914.

De toutes ces interventions, il ressort que malgré sa longévité politique, le personnage de Vaillant reste méconnu. Pourtant, de son temps, le « Vieux » est considéré comme le troisième homme du socialisme français aux côtés de Jaurès et de Guesde. Mais, médiocre orateur, il adopte un positionnement qui ne favorise pas de culte et n’a pas leur aura : «  Tout le monde le salue, personne ne le porte aux nues ».

Il revenait à Jolyon Howorth, professeur à l’université de Yale et auteur d’un ouvrage de référence sur Vaillant [1], de conclure cette journée. Il le fait en identifiant cinq lignes de convergence entre l’action de Vaillant et les problèmes de notre temps : la question des inégalités ; la question de la laïcité ; la question du pouvoir et de son exercice ; la question de l’Europe et des nations ; la question de la guerre, civile et internationale.

Au total, une série d’interventions remarquables qui ont suscité nombre de questions et d’interventions, notamment celle de Jean-Marie Favière, auteur d’une récente biographie d’Édouard Vaillant (voir en notes de lecture). Au terme de cette journée extrêmement riche et dense, nous nous sommes retrouvés autour d’un pot à la mémoire d’Édouard Vaillant et des communards.

MP


[1Édouard Vaillant. La création de l’unité socialiste en France. La politique de l’action totale, EDI/Syros, 1982


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