ÉDITORIAL Décembre 2018

mardi 4 décembre 2018

Peuple en mouvement
Peuple mobilisé

C’est au petit matin du 18 mars 1871 que des femmes d’abord, parfois accompagnées de leurs enfants, puis rejointes par les hommes, se sont levées ensemble et, contre toute attente, ont fait reculer une troupe en marche venue reprendre des canons payés avec leur propre argent pour assurer la défense de Paris contre les Prussiens.

L’étincelle qui jaillit ce 18 mars ne s’est pas enflammée simplement ce jour-là. Dès le 3 mars 1871, alors que les Prussiens défilent dans Paris, Emile Duval, ouvrier fondeur, membre de l’AIT, à la tête d’un détachement de gardes nationaux, s’empare d’un million de cartouches entreposées dans la Manufacture des Gobelins et va les cacher au 12 rue du Moulin-des-Prés. À compter de ce moment, le XIIIe est en insurrection contre le gouvernement versaillais. Ainsi, des femmes et des hommes se mettent en mouvement. Celles et ceux qui se côtoyaient sans toujours se connaître, ouvriers, employés, artisans, gens de maison, intellectuels, et autres encore, s’assemblent. Ils étaient dans l’ombre de la vie quotidienne ; ils passent dans la lumière de l’action publique.

Puis, vient la journée du 18 Mars 1871, résumée par Jacques Rougerie : « Que ce soit dans l’ordre ou le désordre, ceux des faubourgs, de la ceinture rouge, ceux qu’Haussmann et l’Empire avaient chassés, les envoyant camper hors la Ville, y refluaient maintenant en conquérants  ».

Ce peuple de Paris, mis en mouvement à travers les sections de l’Internationale, les chambres syndicales, les coopératives, les comités d’arrondissement et les clubs, va mettre en place avec le Conseil de la Commune, ce gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple : la Commune de Paris.

Même s’ils ont été battus militairement, leurs idéaux ont amorcé un mouvement dont nous bénéficions aujourd’hui et qui se traduit par la séparation de l’Église et de l’État, l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire, la Sécurité sociale, le salaire minimum, etc.

Dans trois ans, en 2021, nous célébrerons le 150e anniversaire de la Commune de Paris. Roger Martelli, notre co-président, disait que « la Commune n’a pas de leçon à donner, qu’elle ne se reproduira pas  », qu’effectivement les hommes ont changé, mais que l’esprit de critique et de liberté qu’elle nous lègue mérite qu’elle ne sombre pas dans l’oubli. Nous devons faire en sorte que les idéaux de la Commune, ceux d’une société plus juste, plus fraternelle, ne soient pas perdus.

Nous ne sommes pas les uniques dépositaires de la Commune, nous n’en sommes que les « passeurs de mémoire ». Alors, comme il y a 150 ans, tous ensemble, mettons-nous aussi en mouvement pour que les aspirations et l’oeuvre sociale des communards continuent de vivre.

JEAN-LOUIS GUGLIELMI


Navigation

Articles de la rubrique

Agenda

<<

2018

 

<<

Décembre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
262728293012
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois