Nouvelle-Calédonie bagne oublié ?

samedi 2 mars 2013
par  Pierre

Le bagne de Nouvelle-Calédonie n’a
jamais été oublié des Amis de la
Commune de Paris
, mais ce n’est
pas le cas pour tout le monde. L’exposition La
Nouvelle-Calédonie, le bagne oublié
, que l’on
peut voir actuellement à la Seyne-sur-mer
(Var) est donc extrêmement bienvenue. Elle est
organisée avec le concours des Archives nationales
d’outre-mer, le Musée de l’histoire
vivante de Montreuil, la Maison de la Nouvelle-
Calédonie à Paris et deux associations maçonniques,
le Grand Orient et la Grande loge nationale.
C’est dire le sérieux de la documentation
réunie.

Dès la prise de possession de ce territoire par
Napoléon III en 1853, la Nouvelle-Calédonie
devient un bagne. Jusqu’en 1931, elle verra
arriver 22 000 transportés dont 1000 femmes,
4000 déportés politiques et autant de relégués.
Que reste-t-il aujourd’hui de toute cette
violence ? La photographe Marinette Delanné
confronte un reportage sur place aux archives
et objets évoquant les destinées de cette
population où se mêlent de petits et grands
criminels aux opposants politiques, médecins
militaires et surveillants.

Les déportés de la Commune, transportés
comme des animaux à bord de « La Virginie  »
en 1872 y ont évidemment toute leur place.
Parmi les documents, une carte (ci-dessus)
établie par Emile Giffault, déporté, retrace le
trajet de près de quatre mois de la frégate de
Toulon à Nouméa en passant par les escales
d’Afrique, d’Amérique du sud et des îles gelées
de l’Antartique. Une photographie d’Allan
Hughan, prise en 1876 et sobrement intitulée
«  le boulevard du crime » à l’île Nou, le bagne
proprement dit montre le dispositif en camp de
concentration où vivaient les déportés en vase
clos. Rappelons à cette occasion que Louise
Michel, matricule 2182, sera une des rares
déportée à nouer des contacts anticoloniaux
avec les populations kanaques de Nouvelle-
Calédonie relatés dans son livre Légendes et
Chansons de geste canaques, publié à son
retour.

L’exposition est visible jusqu’à l’été prochain
ce qui laisse aux vacanciers tout loisir de la
découvrir.

Eugénie Dubreuil

Musée Balaguier, 924 corniche Bonaparte 83500 La
Seyne-sur-mer, du 24 novembre 2012 au 15 septembre
2013, de 10 à 12h et de 15 à 18h, tous les jours sauf lundi.
Entrée 2 et 3 euros.


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