Rencontre avec le Cabinet du ministre de l’Éducation nationale

lundi 3 décembre 2012
par  Pierre

Le 25 septembre, nous avons été reçus par
les représentants du cabinet du ministre
de l’Education nationale afin d’envisager
les possibilités de faire apprendre en classe la
Commune de Paris.

C’était une demande formulée auprès du ministre Vincent Peillon, rencontré lors d’une commémoration
le 28 mai, devant la plaque de la barricade de
la rue de la Fontaine au roi (XIe).
Le chef de cabinet que nous avions rencontré précédemment,
lors de cette commémoration, ayant eu un
empêchement de dernière minute, c’est Monsieur Jean-
Yves Daniel, membre du cabinet qui l’a remplacé,
accompagné de Monsieur Laurent Wirth, doyen du
groupe Histoire de l’Inspection générale de l’Education
nationale. Ce dernier était bien au courant des buts
de notre visite.

Nous avons rappelé qu’il était souhaitable de
mettre la Commune au programme scolaire et de
permettre aux enseignants d’accéder à une parfaite
connaissance de ce moment de l’histoire.
Pour cela des moyens sont nécessaires. Stages de
formation, valise pédagogique, informations dans
les classes, projections de films, etc, toutes choses
auxquelles nous pouvions contribuer. Nous avons
souligné l’insuffisance du programme d’histoire de
4e où la Commune n’est évoquée que dans la partie
«  Démarche  », sans que sa spécificité soit établie,
et l’incohérence des programmes d’histoire de
1ère qui gomment justement le Second Empire et la
Commune. En premier lieu, nous trouvions pour
notre part nécessaire de revoir ce trou noir situé
entre deux années scolaires. Ce point semble pouvoir
être débattu.

Monsieur Wirth nous a donné quelques précisions
sur les décisions qu’il est possible de prendre,
dans l’immédiat, avec l’accord du cabinet.
Il nous a été rappelé que des fiches informatiques
développant les programmes sont disponibles
pour les enseignants leur recommandant de
parler de 1830, 1848 et de la Commune comme
modèles de révolution parisienne en classe de 4e.
Nous avons réclamé et obtenu que sur ces fiches la
Révolution du printemps 1871 soit nommément
désignée avec plus qu’une recommandation, et que
les grands traits de la Commune y soient présentés.
Par contre, il nous a été refusé de réintroduire la
Commune dans la partie «  Événements », ce qui
supposerait une modification des programmes.
Pour le programme de 1ère, il nous a été proposé
que dans les fiches informatiques soit rappelée la
place de la Commune dans la construction de la
République qui ne commence pas en 1880.
Le cabinet a proposé, ce que nous avons bien évidemment
accepté, de noter sur les fiches aux enseignants
le lien de notre site pour leur permettre d’y
accéder plus facilement.

Une demi-heure de rencontre en direct qui nous
a semblé être partie prenante de la consultation
que le ministère voulait très large sur internet.
La bataille continue pour vérifier que ces quelques
acquis sont bien réels et pour obtenir ce qui nous
tient le plus à cœur, une large prise en compte par les
manuels scolaires et les programmes de la Commune
de Paris.

Cette prise de pouvoir du peuple par le peuple a
consolidé la République, mis en avant la laïcité, et
jeté les prémices de bien des revendications encore à
l’ordre du jour (droit au travail, au logement, égalité,
droit des étrangers…). Plus largement, elle a été et
reste l’inspiratrice de mouvements de libération des
peuples. En cela elle mérite bien d’être présente dans
l’enseignement de la République comme une partie
phare de notre histoire.

CLAUDINE REY, JEAN-LOUIS ROBERT ET FRANÇOISE BAZIRE


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