Avant la Commune
Né en 1840 dans le 13e arrondissement de Paris, il est le fils naturel de Marie Madeleine Duval, blanchisseuse.
Scolarisé à l'école laïque du 27 rue Sainte-Hippolyte (13ème Arrondissement quartier Croulebarbe), il sait lire, écrire et maîtrise les mathématiques
II se marie dans le XIIIe, le 16 août 1862 avec une jeune couturière Marie Huot. Ils sont locataires 21 rue de la Glacière Leur fille Joséphine Amélie Élise nait le 15 mai 1863
En 1860, il devient ouvrier fondeur en acier. Très jeune il comprend qu’il fait partie d’une classe exploitée et que c’est à travers le combat ouvrier et révolutionnaire qu’il faut transformer la société bourgeoise qui l’exploite. Il milite activement, tour à tour blanquiste ou / et adhérent de l’AIT (Association Internationale des Travailleurs).
En 1869 lors d’une réunion à la Barrière Montparnasse il déclare : « Il faut supprimer ce reste de féodalité qui ne s'appelle plus noblesse mais bourgeoisie... Nous voulons l'égalité des salaires, que la valeur de chaque chose soit basée sur le temps qu'on a mis à le produire... » En 1870 lors d’une nouvelle grève des fondeurs, il se rend à Londres au nom de la chambre syndicale pour demander le soutien des syndicats anglais et de l'Internationale.
Préparation de la Commune
Ses nombreux engagements militants lui valent d’être emprisonné en juillet 1870. Il est libéré le 5 septembre à la chute de l’Empire. Le mois suivant il créée dans le 13ème arrondissement « Le Club Démocratie et Socialisme » qui adhère à l'AIT.
Le 3 mars 1871 Duval s’empare d’un million de cartouches entreposées dans la Manufacture des Gobelins et les cache au 12 rue du Moulin-des-Prés.
Ce même jour Duval qui n'est encore que simple garde au 176e bataillon, devient « Commandant supérieur de la Garde nationale du XIIIe arrondissement » et se rend le lendemain avec un détachement aux fortifications du 9e secteur (porte d’Ivry), il en rapporte 26 canons qu'il fait disposer devant la mairie. II installe son poste de commandement au 5 avenue d'Italie
Dès ce jour l’arrondissement est en état d’insurrection.
La Commune
Le 18 mars il fait arrêter les commissaires de police du 13e par la Garde fédérale, il occupe dans la matinée le jardin des Plantes, la gare d’Orléans et la sucrerie Say ; puis il reçoit l’ordre de prendre la préfecture de police sur l’île Saint Louis pour avancer vers l’Hôtel de ville. Le 19 mars il devient délégué à la préfecture de police au côté de Raoul Rigault.
Marche sur Versailles
E. Duval est alors partisan de marcher tout de suite sur Versailles et exige du Comité Central de prendre le Mont Valérien avant le 20 mars mais il est éconduit et chargé de surveiller la prison de sainte Pélagie.
Le 26, il est élu membre de la Commune par le 13ème Arrd. Le 29 il est élu membre de la commission militaire.
Ce n'est que le 1er avril, que les chefs de légion sont convoqués à un conseil de guerre place Vendôme pour préparer l'offensive sur Versailles.
Mais l'impréparation matérielle et celle du commandement s’ajoute aux désordres provoqués par les changements constants d'état-major des compagnies. Auquel s’ajoute la faible autorité et l’inexpérience de certains nouveaux élus.
Emile Duval, cet ouvrier fondeur est promu général de la Commune le 3 avril et prend la tête d’une des 3 armées qui marchent sur Versailles.
Après avoir vainement tenté de bousculer les troupes versaillaises, Duval et son état-major avec un millier d'hommes environ se replient dans la soirée du lundi 3 avril 1871 sur le plateau de Châtillon
Le 4 avril, après un déluge d’artillerie, les Versaillais envahissent le plateau de Châtillon
Parmi le millier de prisonniers Emile Duval se désigne comme Général de la Commune devant le général versaillais Vinoy qui ordonne sont exécution immédiate
Sur proposition de Léo Frankel, élu de la Commune dans le 13e arrondissement, la place d’Italie est rebaptisée « PLACE EMILE DUVAL ».