Ce 29 novembre 2025 a vu l’aboutissement d’un projet initié depuis plus de deux ans : le dévoilement de la plaque en hommage à Gaston Crémieux sur la façade de sa maison natale.

Gaston Crémieux est né à Nîmes le 22 juin 1836 dans une famille de marchands d’indiennes. Après des études de droit, il devient avocat, à Nîmes puis à Marseille. Avocat des pauvres, il aide aussi les travailleurs à rédiger leurs cahiers de revendications. Dirigeant de la Ligue du Midi puis de la Commune de Marseille, il est arrêté, condamné à mort et fusillé le 30 novembre 1871, trois jours après le colonel Rossel, autre nîmois, bien que né à Saint-Brieuc, fusillé lui à Satory. Nous avons l’habitude, le dernier samedi de novembre, de nous rendre sur la tombe de Louis Nathaniel Rossel puis devant la maison natale de Gaston Crémieux. Après l’accord des propriétaires de la maison, nous avons constitué un collectif informel comprenant l’Ordre des Avocats de Nîmes, et le GOF (Grand Orient de France), dont Crémieux était un membre éminent.
La plaque fut dévoilée le 29 novembre en présence de Maître Jean-François Crémieux, avocat au barreau de Paris arrière-arrière-petit-fils de Gaston, de la municipalité, du Barreau des avocats de Nîmes, du GOF, de représentants du Conseil départemental, de personnalités nîmoises ainsi que des membres de l’Association Culturelle des Juifs du Pape de Marseille et bien entendu nos amis du comité de Marseille. Après le dévoilement de la plaque, nous nous sommes réunis dans une salle municipale proche. Là, plusieurs intervenants ont précisé le sens de leur soutien à cette initiative en particulier Maître Jean-François Crémieux (lire ci-contre). Puis nous avons partagé le vin d’honneur offert par la ville de Nîmes.
Le même jour, en soirée, dans le village de Saint-Geniès-de-Malgoirès, (vieille terre républicaine) où notre exposition, restituant la Commune dans l’histoire nationale et locale, avait été organisée par l’association Amphore et notre comité Gard-Cévennes, un concert des Gambettes ayant pour thème « chansons de la Commune et chansons de lutte » a réuni une centaine de personnes.
ROBERT MALCLÈS
Intervention de Jean-François Crémieux (Extraits)
Jean-François Crémieux et son ancêtre, Gaston Crémieux
« C’est donc avec une certaine émotion que je prends la parole ce jour devant vous pour l’inauguration de cette plaque en hommage à mon arrière-arrière-grand-père, sur sa maison natale.
J’ai réellement fait la connaissance de Gaston Crémieux lorsqu’en 1993, Pierre Yves Serraf, étudiant à l’université d’Aix-Marseille, a contacté mon père car il avait choisi d’écrire un mémoire sur Gaston Crémieux et la Commune de Marseille et espérait que nous avions des documents.
Quand cet excellent mémoire a été terminé, je l’ai, bien sûr, lu avec intérêt et j’ai alors véritablement découvert Gaston Crémieux, ses convictions, ses actions et son destin tragique : fusillé à Marseille le 30 novembre 1871 à 35 ans pour avoir participé activement à la Commune de Marseille.
J’ai alors transmis ce mémoire à mon beau-père, Jean Cornec, avocat à Paris et ancien président, pendant de nombreuses années, de la Fédération des parents d’élèves, FCPE.
Il a trouvé, selon sa propre expression, que Gaston Crémieux était « un type formidable » et que son histoire était digne d’un roman, voire d’un film, sur celui qu’on appelait « l’avocat des pauvres ».
En effet, Gaston Crémieux n’avait pas cherché le pouvoir ou la gloire, mais seulement la dignité pour tous, la justice sociale et la solidarité entre les hommes.
Aujourd’hui, je ressens une nouvelle émotion à voir cette plaque sur sa maison natale et je remercie vivement toutes les personnes ayant permis la pose de cette plaque ».







