Pamiers, ville ouvrière :
Commune de l'Ariège, elle compte près de 8 800 habitants en 1871. Au XIXe siècle, l’industrie naissante sera le principal facteur de développement de la ville.

Les usines métallurgiques de Pamiers (Ariège)

Le département de l'Ariège était connu pour ses mines de fer. La rivière Ariège fournit la force hydraulique, tandis que le charbon de bois dont le département était également pourvu permet la chauffe du métal. Ainsi, l'usine Sainte-Marie est créée en 1817. En ce début de siècle, l'entreprise produit des limes, des faux et des instruments de taillanderie. Puis la Société se développe et prend le nom de Société Métallurgique de l'Ariège en 1867.

En 1869, une petite fonderie avec des cubilots est installée à l’usine Sainte Marie, livrant 250 tonnes de pièces de moulage par an. Mais le véritable intérêt de la nouvelle usine porte, en priorité, sur l’obtention du fer et de l’acier. L’usine de Pamiers, usine à l’anglaise, est entraînée dans un mouvement d’innovation important.

Pamiers - four a puddler

Ces innovations techniques permettent de produire du fer et de l’acier de qualité, en grandes quantités à des prix compétitifs. En 1859, l’usine de Pamiers possède trois fours à puddler, quatre en 1867. Cette même année, la nouvelle usine, Sainte Marguerite, comprend deux fours à puddler pour acier.

En 1869, l’ensemble des usines compte six fours à puddler, quatre pour le fer et deux pour l’acier. Dès 1873, leur nombre se monte à vingt qui produisent 1 200 à 1 400 tonnes de fer marchand par mois

Signe incontestable de réussite, l’usine de Pamiers emploie 82 ouvriers en 1848, 120 en 1859, 200 en 1864, 300 en 1867. Elle comptera en 1880, 800 ouvriers, dont 70 femmes et enfants.

Pamiers, ville « rouge »

Il suffit de lire le rapport adressé par le Président de chambre à la Cour de Toulouse pour avoir une idée de l’impact de la Commune de Paris dans le département de l’Ariège, et en particulier dans la ville la plus importante en terme d’habitants du département.

Rapport adressé par le Président de chambre à la Cour de Toulouse pour avoir une idée de l’impact de la Commune de Paris dans le département de l’Ariège,

Pamiers : Les événements de fin mai 1871
Le journal « La Dépêche du midi » du 29 avril 2012 revient sur ces événements :

Il fait chaud en cette fin de mai 1871 à Pamiers, et cela n'est pas dû à la seule température. À Paris, à Toulouse, le peuple s'est levé et la Commune est née. L'Ariège est aussi partagée dans ses sentiments politiques. Il y a ici de chauds partisans de la Commune, notamment des ouvriers. Pour alimenter les troupes « versaillaises », il faut des munitions, des canons, du matériel, afin d'écraser l'insurrection populaire. Et justement, en ce 28 mai 1871, un convoi militaire doit traverser Pamiers pour aider à mâter la révolte parisienne.

À cette annonce, la foule commence à se masser sur le parcours. Peu à peu, les esprits s'échauffent, certains leaders haranguant la foule et l'exhortant à bloquer un convoi qui va massacrer son propre peuple. Rapidement, au bruit, les Appaméens sortent de leurs maisons et l'attroupement grossit dangereusement.

Ce qui n'était, au départ, qu'une protestation est en train de se transformer en émeute.

Théodore Vignes est alors prévenu : ancien député maire de Pamiers, il a abandonné son poste de sous-préfet trois jours plus tôt et siège au Conseil général. Sa notoriété est grande, auréolé qu'il est d'un long combat contre l'Empire, au point d'en avoir connu les geôles et d'une image de Républicain à toutes épreuves. Bravant le danger, perché sur un banc, il s'adresse à cette multitude et parvient à l'apaiser. Le convoi passe en trombes, emportant ces canons qui vont sur les barricades parisiennes, tuer un peuple épris de plus de Liberté.

La gare de Pamiers

 

Théodore Vignes

Avocat à Toulouse puis à Pamiers et aussi agriculteur, il est sous commissaire du gouvernement à Pamiers après la Révolution de 1848. Il est député de l'Ariège de 1848 à 1851, siégeant à la Montagne, à l'extrême gauche. Après le 4 septembre 1870, il est sous-préfet de Pamiers. Il est conseiller général en 1871 et député de l'Ariège de 1876 à 1877, siégeant à gauche. Il est l'un des 363 qui refusent la confiance au gouvernement de Broglie, le 16 mai 1877.

 

Sources :

« Enquête parlementaire sur l'insurrection du 18 mars » – Tome 1

« L’usine de Pamiers au XIXè siècle, la sidérurgie ariégeoise entre permanence et innovation » de Jean Cantelaube

Le journal « La Dépêche du midi »

Wikipedia