Lorsqu’on évoque Arthur Rimbaud, la Commune et Paris en 1871 sont souvent présents. Des productions, littéraire et audiovisuelle, récentes en témoignent.

Dans Rimbaud est vivant, livre de Luc Loiseaux (1) : pour l’éditeur c’est « une création au croisement de la littérature, de l’histoire et des nouvelles technologies ». Le parcours de Rimbaud de 1870 à 1875 est associé à près de 80 images en noir et blanc créées par l’IA, dont environ 30 portraits d’un « double virtuel » de Rimbaud.

Luc Loiseaux, Rimbaud est vivant, éd. Gallimard, 2024.

Un texte concerne L’épisode communard et une quatrième fugue de Rimbaud à Paris qui est controversée. Dans Avec les communards, Rimbaud est à Londres avec Paul Verlaine en 1872. Eugène Vermersch, ancien journaliste au journal Le Père Duchêne, Jules Andrieu qui fut délégué à la commission des services publics et Félix Regamey, peintre et dessinateur - dont une caricature de Rimbaud et Verlaine à Londres - sont cités. En 1875, il abandonne la poésie pour une vie ailleurs.

On s’interroge sur les conséquences de l’IA qui peut produire les images ludiques de ce livre mais que l’on peut aussi trouver « improbables et surtout très kitsch ». (3)

Un documentaire télévisuel Arthur Rimbaud, six mois en enfer (2), évoque le séjour de Rimbaud à Paris à partir de septembre 1871. Les auteurs ont trouvé une esthétique qui suit Rimbaud des Ardennes à Paris : commentaire, extraits de poésies et textes de Rimbaud, archives, images animées et accompagnement sonore bien adapté au récit.

Pendant la Commune, Rimbaud est à Charleville où, selon le commentaire, il s’ennuie à mourir et désire rejoindre Paris où vient d’éclater la révolution de la Commune […]. À l’unisson des insurgés, Arthur rêve de grands chambardements : barricades, affiches, caricatures et images de gardes nationaux en armes avec la couleur rouge très présente.

En septembre 1871, à 16 ans, il est attendu par Verlaine à Paris. Petite silhouette de couleur bleue, il marche, court vers cette ville en ébullition. Quatre mois plus tôt, en mai 1871, la Commune de Paris était écrasée dans le sang […] l’ordre moral triomphait ; les ruines rappellent les combats. Seul ou accompagné de Verlaine, silhouette verte couleur de l’absinthe — clin d’œil au poème Voyelles — il découvre la grande ville.

Dans les quartiers populaires, la police traque les anciens communards : listes de personnes arrêtées, kaléidoscope de portraits-cartes de communards pris par Appert. Rimbaud écrit :

 « Le poète prendra le sanglot des infâmes, la haine des forçats, la clameur des maudits ».

Le peuple rase les murs, photos de queues pour la soupe prise dans les rues, de chiffonniers au travail, d’enfants miséreux et autres traîne-misères qui se côtoient dans les faubourgs parisiens.

La Commune et le Paris de 1871 figurent dans ce film par le commentaire, le choix des textes et des documents puisés dans de très nombreux fonds d’archives.

Hors-série Le Monde, Une vie, une œuvre, Arthur Rimbaud, Le génie incandescent, édition 2025.

À noter aussi l’édition 2025 du hors-série Le Monde sur Arthur Rimbaud (3), année célébrant les 150 ans de son abandon de la poésie en 1875 à 19 ans.

C’est un document bien illustré et sourcé, dirigé par Sonia Pavlik. S’il n’y a pas de texte sur la Commune, elle y est présente : le « moment Commune de Paris » (portrait par Charles Dantzig), poésies de 1871 et nombreuses références dans les notes présentant des textes.

Et puis il y a dans le lexique, l’entrée Communard rappelant que dans la première Lettre du Voyant, Rimbaud indique :

« Les colères froides me poussent vers la bataille de Paris – où tant de travailleurs meurent pourtant encore tandis que je vous écris ! »

à son professeur Georges Izambard en mai 1871…

ALINE RAIMBAULT

 

Notes :

(1) Luc Loiseaux, Rimbaud est vivant, éd. Gallimard, 2024.

(2) Arthur Rimbaud, six mois en enfer, documentaire ARTE, disponible jusqu’au 19/05/2026.

(3) Hors-série Le Monde, Une vie, une œuvre, Arthur Rimbaud, Le génie incandescent, édition 2025.

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