8 MARS 2026- CITOYENNES À PART ENTIÈRE ?
Le 8 mars n’est pas la « journée de la femme », mais bien une journée de lutte pour le droit des femmes à être des citoyennes à part entière. Cette place est encore à défendre. Elles devraient pourtant l’avoir gagnée par leurs luttes tout au long de notre histoire comme dès le premier jour de l’insurrection communarde, le 18 mars 1871.
À l’aube du petit matin, elles s’opposent physiquement, sur la butte Montmartre, à la tentative de confiscation des canons achetés par souscription populaire pour lutter contre les troupes prussiennes cernant Paris. Elles déclenchent ainsi ce grand moment révolutionnaire qui fait date à Paris, mais aussi dans le monde : la Commune de Paris. Leur participation à cette révolution a conduit à prendre en compte de nombreuses propositions* dont elles étaient porteuses, qui se concrétisèrent en projets de loi publiés au Journal officiel de la Commune (comme l’union libre, admise de fait par l’attribution de la solde aux veuves de gardes nationaux qu’elles soient mariées ou non). Les enfants qui portaient la triste appellation d’adultérins purent alors être reconnus.
C’est à Copenhague, en 1910, que la militante féministe Clara Zetkin, lors d’une assemblée de la conférence socialiste (plus de l00 participantes venues de 17 pays), proposa de faire du 8 mars une journée de lutte pour le droit des femmes. Elle voulait commémorer la lutte de ces ouvrières américaines qui avaient manifesté à New York, réclamant une égalité de salaire avec les travailleurs de leur entreprise et qui subirent une terrible répression. Traînées au sol, frappées sauvagement, car elles réclamaient la justice.
Les combats égalitaires ne furent gagnés que par la participation massive des femmes aux grands moments de l’histoire : la Révolution française, 1830, 1848 et encore la Commune en 1871 qui marque une étape importante sur le chemin des luttes, des droits conquis par les femmes. Le 11 avril 1871, des femmes appellent à s’organiser massivement dans une association : « l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés », qui jouera un grand rôle dans l’organisation des femmes durant la Commune, jusqu’à leur participation sur les barricades. Pour cette participation, plus de mille passèrent en conseil de guerre et certaines furent déportées en Nouvelle-Calédonie. Plus tard, sous le nom de « suffragettes », hérité de la lutte des femmes britanniques, elles réclament le droit de vote. En France, elles durent attendre longtemps encore. Ce droit ne fut exercé pour la première fois qu’en 1945, après leur héroïque participation aux mouvements de la résistance contre le nazisme, lors de la mise en place du programme du Conseil national de la Résistance. Aujourd’hui, même si grâce aux combats menés des progrès ont été faits, il reste encore bien des zones d’ombre, comme le prouvent les nombreux féminicides trop souvent commis.
CLAUDINE REY, PRÉSIDENTE D’HONNEUR







