Trois évènements ont marqué la fin de l’année 2025 et le début de l’année 2026. Le 20 novembre nous organisions une conférence de Laure Godineau sur les pontons de Cherbourg dans le cadre de la publication du livre Le Ponton : journal des détenus politiques. Cette conférence, dédiée à Michèle Audin, disparue quelques jours plus tôt, a rassemblé plus de 200 personnes à l’hôtel de ville de Cherbourg.

Le 22 décembre paraissait Le Ponton : journal des détenus politiques, désormais épuisé. Un second tirage est prévu fin février.
Le 14 février, Éric Bouteiller a animé l’assemblée générale annuelle du comité par un exposé fort apprécié sur les communards réfugiés à Jersey.
Nous laissons la parole à la presse locale présente aux deux conférences.
LE BUREAU
Extraits des articles publiés par le quotidien La Presse de la Manche à la suite des deux conférences
Conférence du 29 novembre
Salle comble pour les pontons de Cherbourg. Laure Godineau, maître de conférences en histoire contemporaine, répondait à l’invitation du comité Cotentin et îles des Amies et Amis de la Commune de Paris. L’historienne a retracé la Semaine sanglante de 1871, qui signa la fin de la Commune, avec plus de 20 000 morts et 38 000 arrestations. Le transport par train vers Cherbourg en, au moins, six convois ferroviaires fut une épreuve peu humaine pour ces prisonniers en détention préventive. Une partie des près de 5550 prisonniers sera détenue sur l’île Pelée, dans les forts du Homet et de l’île Saint-Marcouf et même à Chausey. La majorité sera emprisonnée à bord des navires désarmés, qui reprendront la triste appellation de pontons. Les pontons vont vivre jusqu’en 1872, se vidant au fur et à mesure des auditions par la commission d’instruction militaire. Plus de la moitié des détenus bénéficiera d’un non-lieu, une autre partie vivra la « transportation » vers les bagnes de Nouvelle-Calédonie ou de Guyane.Assemblée générale annuelle le 14 février
Le comité local Cotentin et Îles de l'Association nationale des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 a réuni une trentaine de personnes pour son assemblée générale.
L'association surfe sur son dynamisme marqué à l'automne dernier par la très nombreuse assistance venue à la mairie écouter Laure Godineau parler des communards emprisonnés sur des pontons dans les ports militaires entre 1871 et 1873, et par le succès de l'édition du livre Le Ponton : journal des détenus politiques.
Pour l'assemblée générale, Jean-Pierre Barrois avait invité Éric Lebouteiller, bibliothécaire de l'association nationale, à venir évoquer la proscription des communards à Jersey et leur passage vers les îles Anglo-Normandes au départ de Granville, avec le soutien de loges maçonniques normandes. « Le long exil de Victor Hugo à Guernesey a occulté dans la mémoire collective celui des proscrits de 1848, puis celui des communards. »
Les responsables du comité local réfléchissent à organiser en 2026 un voyage thématique à Jersey, qui prendrait la forme d'un parcours communard, avec arrêts devant plusieurs maisons occupées dès 1871 par des exilés, puis une visite dans les deux cimetières de Saint-Hélier, où existe une stèle des proscrits.
Le comité local prépare un retirage du livre Le Ponton, toujours au prix de 15 €, et sera présent dans plusieurs salons du livre. Une journée en chansons chez un ami cidrier et un repas des communards en juin sont également en préparation pour 2026.







