C’est un trou de verdure où ne chante pas une rivière et pourtant le temps s'y égrène depuis cette petite église de Saint-Germain-de-Charonne, l'une des rares églises parisiennes bordées par un petit cimetière paroissial.

Plaque des Fédérés du cimetière de Charonne - Paris 20ème    Plaque des Fédérés du cimetière de Charonne - Paris 20ème
Ce jour-là, en visite avec l'ami Philippe, des mains inconnues avaient déposé un bégonia rouge sous la plaque commémorative apposée au mur. Pas aussi célèbre, pas aussi visité que le mur du Père-Lachaise, ce lieu mérite que l'on s'y attarde un peu. L'inscription, inaugurée le 5 juillet 2007 par notre association en la personne du regretté Claude Willard et des élus du XXe arrondissement explique : « Ici en 1897 furent réinhumés sans épitaphe de nombreux Fédérés fusillés sommairement en 1871 et enterrés à la hâte avec leurs uniformes dans des fosses communes du cimetière alors situées à l'emplacement des actuels réservoirs. »
Michèle Audin, dans son ouvrage La Semaine sanglante. Mai 1871. Légendes et comptes (1), à partir de recherches dans le « Mémoire Vafflard » des Archives de Paris, détaille l'information chiffrée des corps transportés par les pompes funèbres entre le 29 mai et le 3 juin 1871, au total plus de 700 personnes. Ce petit cimetière, pas très éloigné du Père-Lachaise, doit avoir une meilleure reconnaissance et, à défaut d’avoir pu le faire lors de la commémoration du 29 mai au Mur des Fédérés, notre association aura à coeur d'y faire un dépôt de fleurs.
 
SIMONE MATUSALEM
 
(1) Michèle Audin, La Semaine sanglante. Mai 1871. Légendes et comptes, Libertalia, 2021, p. 130-131 et 211-214.